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11/01/2013 09:45 EST | Actualisé 13/03/2013 05:12 EDT

La chancelière Merkel appelle Chypre à mener des réformes

La chancelière allemande Angela Merkel a appelé vendredi Chypre à mener des réformes, deux jours après avoir souligné que l'île méditerranéenne, qui a demandé un plan de sauvetage européen, ne bénéficierait pas de "conditions particulières".

Mme Merkel, qui participait à une réunion extraordinaire du Parti populaire européen (PPE, démocrate-chrétien) dans la ville côtière chypriote de Limassol, a également indiqué que l'aide ne serait pas "décidée dans l'immédiat". Cette aide a été évaluée par Nicosie à 17 milliards d'euros sur quatre ans.

"Nous sommes ici aujourd'hui pour évaluer la situation à Chypre et dans d'autres pays européens", a indiqué Mme Merkel à la presse en allemand, avant le début du sommet réunissant une vingtaine de dirigeants conservateurs.

Pour Chypre, "la tâche est telle qu'il faudra d'un côté réformer et de l'autre une solidarité des autres pays européens", a-t-elle ajouté.

Mme Merkel n'a pas précisé quelles réformes Chypre devait selon elle entreprendre, mais Nicosie a déjà mis en oeuvre des mesures d'austérité sévères, visant à économiser un milliard d'euros comme demandé par la troïka (UE - Banque centrale européenne - Fonds monétaire international).

La chancelière a également souligné que le prêt en cours de négociation entre Chypre et la troïka n'était pas "à l'étape où il pourrait être décidé dans l'immédiat", alors que le gouvernement chypriote navigue à vue.

Cette remarque fait écho à ses avertissements de mercredi, quand elle avait écarté l'idée de "conditions particulières" pour Chypre, rappelant: "nous avons des règles générales en Europe et nous sommes (dans le cas de Chypre) encore loin d'avoir fini les discussions".

L'hôte du sommet et candidat à l'élection présidentielle de la mi-février, Nicos Anastasiades, a assuré que Chypre ne demandait "pas de traitement spécial", dans des déclarations à la presse après la réunion.

"Chypre peut sortir de cette situation, mais aujourd'hui elle a besoin du soutien de ses partenaires européens" a déclaré M. Anastasiades, tête de file du Rassemblement démocratique de Chypre.

"J'ai fait part de notre détermination de mettre en oeuvre les mesures qu'ils veulent que nous mettions en oeuvre pour relancer l'économie", a-t-il ajouté, rejetant les accusations de blanchiment de fonds comme "injustes et exagérées".

Des informations ont circulé, dans les médias allemands notamment, décrivant Chypre comme un paradis pour des fonds douteux, venant notamment de mafieux russes.

Le secrétaire général du PPE Antonio Lopez-Isturiz a apporté le soutien de sa formation à M. Anastasiades, estimant que le temps était venu pour "de nouveaux dirigeants" à Chypre, dont le président actuel, Demetris Christofias, est communiste.

Signe de l'ampleur des turbulences que traverse Chypre, l'agence de notations Moody's a une nouvelle fois révisé jeudi la note de sa dette, l'enfonçant encore un peu plus en catégorie spéculative, jugeant que les risques de défaut de paiement de l'île augmentaient.

Le PPE est le plus important et le plus influent groupe politique de centre-droit au niveau européen. Il est composé de 74 partis, et compte parmi ses membres, outre Mme Merkel, les présidents de la Commission européenne et du Conseil européen.

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