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11/01/2013 10:02 EST | Actualisé 13/03/2013 05:12 EDT

Grâce à l'héritage du Mondial, l'Afrique du Sud a sauvé la CAN-2013

L'héritage du Mondial-2010 en Afrique du Sud, parfois encombrant pour un pays qui a d'autres priorités que le sport, a permis de sauver in extremis la CAN-2013, qui avait été attribuée à la Libye avant le déclenchement de la guerre civile.

La décision de retirer la CAN à la Libye a été prise en septembre 2011. Dans un délai aussi court, l'Afrique du Sud était le seul pays du continent capable d'organiser le tournoi.

"Nous n'aurions jamais pu faire ça si nous n'avions pas eu les infrastructures du Mondial", a reconnu le président du Comité local d'organisation, Mvuzo Mbebe, dans une interview à l'AFP.

La CAN se jouera dans cinq des dix stades rénovés ou construits pour le Mondial.

"Nous n'avons pas eu grand chose à faire, juste à aller dans chacun des stades et mettre un petit coup de rénovation", admet M. Mbebe, qui ajoute que l'expérience acquise en terme d'organisation a également été précieuse.

Le choix des enceintes a cependant posé problème, et donné lieu à de longues négociations: la faible fréquentation générale lors de la CAN et le coût de l'organisation ont fait reculer certaines villes.

Le Cap, avec son magnifique stade de 64.000 places, a ainsi refusé d'accueilir un groupe. Et Soccer City, à Johannesburg/Soweto, s'est fait tirer l'oreille, pour n'accueillir finalement que la journée d'ouverture et la finale.

D'une façon générale, certains organismes ou administrations chargés de gérer les stades luttent pied à pied pour maintenir difficilement une rentabilité. Voire juste pour financer l'entretien. Accueillir des concerts ou des matches de championnat ne suffit pas.

L'exploitation du Stade de Green Park au Cap, par exemple, couvre à peine les frais d'entretien, selon Alan Winde, ministre régional des Finances et du Développement. Et l'équipe locale de rugby, sur laquelle comptait la ville, n'a pas voulu abandonner son stade historique pour s'y installer.

Cité fin décembre par le site Worldsoccer.com, le chef du département Responsabilité sociale de la FIFA, Federico Addiechi, renvoyait la responsabilité de ces difficultés sur le pays hôte du Mondial: "La Fifa ne demande pas tel ou tel stade. Nous attendons des hôtes qu'ils aient leur propre plan pour gérer ces stades à long terme. La Fifa n'est pas habilitée à contrôler l'usage de l'argent public".

M. Addiechi n'a pas été interrogé sur le retard dans l'installation des centres d'entraînement "Football pour l'espoir" promis par la Fifa en 2010. Cinq de ces centres devaient voir le jour en Afrique du Sud. Un seul existe pour l'instant, dans la banlieue du Cap, à Khayelitsha.

Mais pour la population sud-africaine, surtout dans les quartiers pauvres, l'héritage du Mondial dépasse le cadre du sport. Ce sont des lignes de bus, un train rapide entre Johannesburg et Pretoria, certaines rues refaites, des éclairages publics, des parcs, etc.

Dans la township mal famée de Hillbrow, à Johannesburg, des dizaines de gamins viennent tous les jours à l'entraînement sur un terrain légué par l'équipe nationale des Pays-Bas et la Fondation Johann Cruyff.

Sur les murs autour des pelouses, des pancartes affichent les valeurs du lieu: respect, fair-play, engagement social.

Car si la Coupe du monde a bien eu un effet en Afrique du Sud, c'est d'avoir contribué pendant un mois à la cohésion d'une société inégalitaire et éclatée, et d'avoir créé une fierté nationale qui fait encore briller les yeux de nombre de Sud-Africains, deux ans plus tard.

cpb/bvo