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09/01/2013 04:54 EST | Actualisé 11/03/2013 05:12 EDT

WikiLeaks: le procès de Bradley Manning repoussé à juin 2013

Le procès en Cour martiale du soldat Bradley Manning, qui encourt la perpétuité pour l'une des plus importantes fuites de documents classifiés de l'histoire américaine, a été repoussé mercredi, sans doute à juin 2013.

Lors de cette audience préliminaire, sur la base militaire de Fort Meade (Maryland, est), la juge militaire Denise Lind a cité la date du 3 juin 2013.

L'un des procureurs militaires a expliqué que la défense devait terminer des entretiens sur des informations classifiées, et que le gouvernement avait besoin d'un délai de 60 jours pour les examiner et y répondre.

La nouvelle date du procès, jusqu'ici fixé au 6 mars, sera arrêtée le 16 janvier. De nouvelles audiences, pour fixer les modalités du procès, sont également programmées en février et en mai.

Nathan Fuller, un porte-parole du Réseau de soutien de Bradley Manning, a souligné que "cela fera plus de trois ans que (le soldat) attend en prison". Il a qualifié de "ridicule le retard considérable" entre l'arrestation de l'ancien analyste du renseignement en Irak, en mai 2010, et sa première comparution, en décembre 2011.

Le soldat de 25 ans encourt la perpétuité pour "collusion avec l'ennemi", le plus grave des 22 chefs d'accusation.

Son avocat David Coombs a introduit mercredi un projet de plaider-coupable "révisé", qui sera examiné en février, et qui porte désormais sur 14 charges, passibles au total de 20 ans d'emprisonnement.

Dans ce projet, les chefs d'accusation ont été reformulés afin d'alléger la peine. Mais les charges les plus graves, dont "collusion avec l'ennemi", ne sont pas contenues dans cette proposition. Manning a prévu de plaider non-coupable pour huit charges, qui devront toujours être prouvées au procès, a indiqué un expert juridique de l'armée.

Manning est accusé d'avoir transmis au site WikiLeaks, entre novembre 2009 et mai 2010, des documents militaires américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan, et 260.000 dépêches du département d'Etat.

Pour montrer l'impact de cette fuite sur la diplomatie mondiale, un procureur a demandé mercredi que soit produit au procès un courrier d'Oussama ben Laden, saisi après le raid dans son bunker en mai 2011, dans lequel le chef d'Al-Qaïda demande d'obtenir les informations publiées par WikiLeaks.

Le gouvernement a également réclamé un exemplaire de 2010 de la revue Inspire proche d'Al-Qaïda, mentionnant WikiLeaks.

La défense a de son côté cité des témoins qui prouveront, selon elle, que la fuite n'a pas provoqué les dommages avancés par le gouvernement. L'ex-procureur à Guantanamo, devrait ainsi affirmer que les dossiers des détenus transmis à WikiLeaks "n'étaient pas particulièrement sensibles" et n'étaient pas "à jour". Ou encore l'expert Yochai Benkler qui devrait montrer que le site WikiLeaks n'était alors "pas considéré comme un ennemi des Etats-Unis mais comme une organisation médiatique légitime" au même titre que le New York Times.

Mardi, la juge a accepté de réduire la peine possible de Manning de près de quatre mois en raison des conditions de détention jugées trop "rigoureuses" pendant neuf mois à la prison militaire de Quantico.

chv/rap