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09/01/2013 12:20 EST | Actualisé 11/03/2013 05:12 EDT

WikiLeaks: le procès de Bradley Manning pourrait être repoussé à juin 2013

Le procès en Cour martiale du soldat Bradley Manning, qui encourt la perpétuité pour l'une des plus importantes fuites de documents de l'histoire américaine, pourrait être repoussé à juin 2013, a-t-on appris mercredi lors d'une audience préliminaire.

Au deuxième jour de cette session sur la base militaire de Fort Meade (Maryland, est), la juge militaire Denise Lind a cité la date du 3 juin 2013 pour ouvrir les débats.

L'un des procureurs militaires a expliqué que la défense devait terminer des entretiens sur des informations classées secret défense en vue du procès, et que le gouvernement avait besoin d'un délai de 60 jours pour les examiner et y répondre.

La juge a précisé que la nouvelle date du procès, jusqu'ici fixé au 6 mars, serait arrêtée lors de la prochaine audience préliminaire, le 16 janvier. De nouvelles audiences, pour fixer les règles et se mettre d'accord sur le contenu et les témoignages en vue du procès, sont également programmées en février et en mai.

Nathan Fuller, un porte-parole du Réseau de soutien de Bradley Manning, a immédiatement souligné que "cela fera plus de trois ans que (le soldat) attend en prison". Il a qualifié de "ridicule le retard considérable" entre l'arrestation de l'ancien analyste du renseignement en Irak, en mai 2010, et sa première comparution, en décembre 2011.

Le jeune soldat de 25 ans encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour "collusion avec l'ennemi", le plus grave des 22 chefs d'accusation.

Il est accusé d'avoir transmis au site WikiLeaks, entre novembre 2009 et mai 2010, des documents militaires américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan, et 260.000 dépêches du département d'Etat, déclenchant une tempête dans la diplomatie mondiale.

Son avocat David Coombs a introduit mercredi un projet de plaider-coupable "révisé", qui sera examiné lors d'une audience en février, et qui porte les charges au nombre de dix, passibles au total de 20 ans d'emprisonnement (deux ans par infraction).

Ces chefs d'accusation ont été reformulés par la défense de Manning dans son projet de plaider-coupable, afin d'alléger la peine. Mais les charges les plus graves, dont "collusion avec l'ennemi", ne sont pas contenues dans cette proposition et devront toujours être prouvées au procès.

Mardi, la juge a accepté de réduire sa peine possible de près de quatre mois en raison des neuf mois passés dans des conditions de détention trop "rigoureuses" et "excessives" à partir de juillet 2010 à la prison militaire de Quantico, près de la capitale fédérale Washington.

La défense s'était appuyée sur ces conditions d'incarcération, que le rapporteur de l'ONU sur la torture avaient qualifiées de "cruelles, inhumaines et dégradantes", pour demander l'abandon total des charges.

chv/are