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09/01/2013 02:39 EST | Actualisé 11/03/2013 05:12 EDT

Le gouvernement irakien ferme une importante route au coeur des manifs sunnites

BAGDAD - Les autorités irakiennes ont fermé le seul passage frontalier vers la Jordanie mercredi, coupant une route stratégique dans une partie du pays où se déroulent des manifestations antigouvernementales depuis des semaines.

Les autorités ont évoqué des raisons de sécurité pour justifier la fermeture.

Des résidants de la province d'Anbar, le coeur des manifestations antigouvernementales sunnites, ont condamné la fermeture de la route, accusant les autorités de vouloir faire pression sur eux afin qu'ils cessent leurs manifestations contre le gouvernement à prédominance chiite du premier ministre Nouri al-Maliki.

«La fermeture (...) n'a qu'un seul but, et c'est de nuire à l'image des manifestants et de les présenter comme des fauteurs de troubles qui veulent rendre la vie des Irakiens plus difficile», a déclaré l'un des organisateurs des manifestations, Saeed Humaim, à l'Associated Press. «Nous resterons fermes dans nos demandes, et nous ne nous laisserons pas ébranler par cet acte irresponsable.»

Plusieurs Irakiens sunnites estiment être discriminés par le gouvernement dominé par les chiites. Les grandes manifestations dans la province d'Anbar, et de plus en plus ailleurs en Irak, sont les plus importantes et les plus soutenues organisées par les sunnites depuis l'invasion américaine de 2003.

Le porte-parole du premier ministre, Ali al-Moussaoui, n'a pas précisé la nature des menaces ayant mené à la fermeture de l'autoroute. Il a nié que la fermeture soit une façon d'exercer des pressions contre les manifestants, affirmant que les autorités avaient seulement réagi à des informations transmises par les services de renseignement.

L'autoroute entre Bagdad et la frontière jordanienne traverse la province à majorité sunnite d'Anbar, dans l'ouest de l'Irak. Cette route très fréquentée, longue d'environ 570 kilomètres, est l'une des plus importantes du pays pour les voyageurs et les échanges commerciaux.

Le gouverneur adjoint de la province d'Anbar, Dhari Arkan, a indiqué que le conseil provincial envisageait de porter plainte contre le gouvernement pour la fermeture, qui a été imposée sans en informer les autorités locales.

Environ 2000 personnes ont manifesté contre le gouvernement mercredi près de la capitale provinciale, Ramadi. Certains ont brûlé des drapeaux iraniens, en référence à ce qu'ils estiment être la trop grande influence du pays voisin sur le gouvernement irakien.