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09/01/2013 04:09 EST | Actualisé 11/03/2013 05:12 EDT

Haïti: l'ancien président Aristide entendu chez lui par la justice

L'ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide, visé par des plaintes pour "crimes économiques, vols, abus de confiance et association de malfaiteurs", convoqué mercredi au tribunal, a finalement été entendu dans sa résidence, a constaté un journaliste de l'AFP.

"Le commissaire du gouvernement (chef du parquet, ndlr) a eu un entretien d'une demi-heure avec le président Aristide entouré de ses avocats", a indiqué par téléphone Me Mario Joseph, qui a qualifié la rencontre de "courtoise et respectueuse".

Le juriste a précisé que les plaintes contre l'ex-président ont été contestées par ses conseillers qui considèrent que leur client fait l'objet de "persécution politique".

"Il n'est pas question de persécution politique", a rétorqué le chef du parquet, Lucmane Délille, qui a annoncé à l'AFP "l'ouverture d'une enquête judiciaire". "Il était de mon devoir d'entendre M. Aristide qui a rejeté les plaintes, mais le dossier sera acheminé au cabinet d'instruction", a-t-il ajouté.

Des milliers de supporters de l'ancien président qui étaient massés devant le tribunal ont manifesté dans les rues de Port-au-Prince, jusque devant la résidence de M. Aristide, située dans le nord de la capitale et à une dizaine de kilomètres du siège de la mission de l'ONU en Haïti.

"Nous sommes là pour soutenir notre leader (Aristide). Je ne peux pas changer de camp", a lancé un jeune homme venu du bidonville de Cité Soleil, ancien bastion d'Aristide, qui affirme cependant avoir voté pour Michel Martelly, l'actuel président haïtien.

"Ce pouvoir ne fait rien pour les masses, maintenant il veut persécuter un fils du peuple", a affirmé Peterson Joseph, en direction de la police haïtienne chargée d'assurer la sécurité devant le tribunal.

Ancyto Félix, un des porte-parole du parti Lavalas de l'ancien président, a souhaité que le gouvernement s'occupe de stabiliser le pays pour améliorer les conditions de vie de la population.

"Il y a beaucoup de revendications sociales, comme la vie chère, le chômage et les problèmes de santé, que cette convocation juridique ne peut pas effacer", a-t-il estimé.

cre/sam