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09/01/2013 01:32 EST | Actualisé 11/03/2013 05:12 EDT

Armstrong va-t-il s'effondrer devant Oprah ?

Lance Armstrong va-t-il s'effondrer devant la célèbre Oprah Winfrey pour une interview très attendue et annoncée "sans concession" sur le dopage ? Nombre l'ont fait avant lui dont l'athlète Marion Jones, peut-être plus naïve mais tout autant avide de ce pardon médiatique.

Oprah Winfrey Network, la chaîne de la très populaire animatrice, a annoncé mardi pour le 17 janvier une interview "sans concession" du multiple vainqueur du Tour de France déchu de tous ses titres pour dopage et chacun depuis se demande si le cycliste va passer aux aveux.

Car Oprah Winfrey, célébrissime animatrice noire de 58 ans, en a fait pleurer plus d'un sur le canapé de son "Oprah Winfrey Show", diffusé pendant 4561 émissions sur une centaine de chaînes de télévision, regardées en moyenne par 40 millions de personnes aux Etats-Unis.

Elle continue depuis un an, cette fois-ci sur un canapé au domicile de l'invité, pour l'émission qu'elle anime sur sa propre chaîne de télévision OWN. Moins regardée que la précédente, l'émission a connu un pic à 3,5 millions de téléspectateurs.

Un sofa profond, une main qui se tend, un oeil compatissant et les plus costauds craquent. C'est ce que l'on a appelé le "Oprah Effect" (l'effet Oprah), sorte de baguette magique qui transforme en moment d'émotion, comme en record de ventes, tout ce que touche, questionne ou recommande Oprah.

En 2009, le boxeur Mike Tyson s'était mis à pleurer en évoquant la mort de sa petite fille. Il avait aussi présenté ses excuses pour avoir mordu l'oreille d'un adversaire lors d'un combat.

En 2008, l'ancienne athlète Marion Jones -qui sortait quand même de prison pour dopage- avait assuré avoir pris des substances interdites sans vraiment le savoir. Et Oprah avait réussi à lui faire admettre s'en "sentir responsable".

"Opération très sophistiquée de relations publiques"

Elle les rend fous aussi. Tom Cuise n'avait pas hésité, pour faire rire, à sauter sur le canapé de l'animatrice pour montrer combien il était content, à l'époque, d'épouser Kathy Holmes dont il vient de divorcer.

Oprah, qui invite des stars mais surtout l'Américain moyen à laquelle elle sait s'identifier, peut pleurer elle-même. En 1990, la petite fille pauvre du Mississippi, devenue l'une des plus riches femmes d'Amérique, avait éclaté en sanglots : pour la première fois, un père retrouvait son fils.

En 2004, une chercheuse, Laurie L. Hagg, avait analysé ce qu'elle appelait "la construction de l'intime". Oprah "amène vers nous l'intime, le privé et le rend public. Elle est notre maman, notre thérapeute, notre cheerleader, notre conscience morale, notre modèle et notre critique la plus impitoyable quand il le faut".

Oprah fera-t-elle craquer Armstrong -déjà interviewé en 2004 pour un magazine- après ses années de dénégations de dopages ?

Howard Bragman, attaché de presse chevronné d'Hollywood et vice-président de Reputation.com, estime que Oprah, qu'il connaît bien, "ne va pas s'envoler pour Austin et diffuser une émission spéciale en prime time pour entendre de nouvelles dénégations d'Armstrong".

"C'est une étape d'une opération très sophistiquée de relations publiques pour brandir une confession et changer l'opinion publique", dit cet expert qui ne s'affirme pas dupe des "fuites" dans le New York Times annonçant une confession.

"Il y aura une confession pleine de larmes, des questions sans concession mais en même temps, beaucoup d'empathie" de la part d'Oprah, assure-t-il.

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