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08/01/2013 01:02 EST | Actualisé 10/03/2013 05:12 EDT

WikiLeaks: Manning "n'a pas voulu faire de mal aux Etats-Unis" (avocat)

Le soldat Bradley Manning, la "taupe" de WikiLeaks, "n'a pas voulu faire de mal" aux Etats-Unis en organisant la fuite de dizaines de milliers de documents, a déclaré mardi son avocat, en attendant que la juge ne rende son jugement sur l'éventuel abandon de charges.

Lors d'une nouvelle audience préliminaire sur la base militaire de Fort Meade (Maryland, est), l'avocat a souligné que Manning avait "sélectionné les informations qui ne pouvaient pas être utilisées pour faire du mal aux Etats-Unis" ou à un pays étranger, avant de les transmettre au site WikiLeaks.

La juge Denise Lind a annoncé qu'elle donnerait dans l'après-midi sa décision concernant la demande de relaxe formulée par la défense.

En décembre, l'avocat de Manning, David Coombs, avait plaidé pour l'abandon de toutes les charges contre son client, qui encourt la perpétuité, en raison du régime carcéral auquel il a été soumis après son arrestation et des mauvais traitements qu'il a subis pendant neuf mois à la prison de Quantico, près de Washington. La juge pourrait plutôt opter pour une réduction de peine ou simplement retoquer la demande de la défense.

Lors de cette nouvelle audience de quatre jours qui s'est ouverte mardi, les procureurs militaires ont demandé à la juge Denise Lind d'exclure du débat les motivations de Manning dans l'organisation de cette fuite, qualifiée d'une des plus importantes de l'histoire américaine.

"L'accusé savait qu'il traitait directement ou indirectement avec un ennemi des Etats-Unis" lorsqu'il a transmis ces informations, "l'acte a été commis intentionnellement et en connaissance de cause", a déclaré la procureure militaire Angel Overgaard.

"L'accusé pensait que l'information appartenait au domaine public et devait être rendue publique", a-t-elle ajouté, estimant qu'il n'y a pas de nécessité de prouver son intention car "il savait ce qu'il faisait".

A cet argumentaire, David Coombs a rétorqué qu'il s'attacherait à démontrer au procès que son client avait "sélectionné des informations" qu'il pensait devoir être "rendues publiques", mais qu'il avait "des raisons de croire qu'elles ne pouvaient pas faire de mal aux Etats-Unis".

"Il a sélectionné des informations qu'il pensait ne pas devoir être classifiées", a insisté Me Coombs, laissant entendre que l'évaluation des dommages causés par cette fuite sur la diplomatie américaine appuierait sa plaidoirie.

Si elles sont prises en considération, les motivations de Manning pourraient influer sur la peine qui sera prononcée à l'issue de son procès en cour martiale, prévu pour démarrer le 6 mars. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour "collusion avec l'ennemi", le plus grave de 22 chefs d'accusation.

Le caractère secret des documents transmis par Manning doit être également abordé mardi après-midi, la défense affirmant que ceux-ci étaient "sur-classifiés".

Le soldat Manning, 24 ans, est accusé d'avoir transmis à WikiLeaks, entre novembre 2009 et mai 2010, alors qu'il était analyste du renseignement en Irak, des documents militaires américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan, et 260.000 dépêches du département d'Etat, déclenchant une tempête dans la diplomatie mondiale.

chv/sam