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08/01/2013 04:46 EST | Actualisé 10/03/2013 05:12 EDT

WikiLeaks: la peine de Manning réduite à cause d'un régime carcéral excessif

La peine qui sera prononcée à l'encontre du soldat américain Bradley Manning, "taupe" de WikiLeaks, à l'issue de son procès à venir, sera réduite de 112 jours, en raison de la nature de son régime carcéral, a annoncé mardi la juge militaire Denise Lind.

En décembre, l'avocat de Manning, David Coombs, avait plaidé pour l'abandon de toutes les charges contre son client, qui encourt la perpétuité. Il avait argué des conditions de détention et de mauvais traitements subis pendant neuf mois à la prison de Quantico, près de Washington, où Manning était placé sous surveillance maximale en raison des risques de suicide qu'il présentait.

Dans son jugement, la juge Denise Lind a estimé qu'il était dans "l'intérêt légitime du gouvernement" de maintenir un détenu sous un régime carcéral anti-suicide, en vue de "s'assurer de pouvoir traduire (le) devant un tribunal". Elle a estimé que les autorités militaires ne voulaient rien d'autre que la "sécurité" de l'accusé au vu de ses antécédents psychiatriques.

Elle a néanmoins accordé un crédit de 112 jours, près de quatre mois, à soustraire à la peine ultime.

La juge a estimé que les conditions de détention du soldat avaient été "rigoureuses et excessives" pendant 75 jours par rapport à "l'intérêt légitime du gouvernement à assurer sa sécurité". Elle a ajouté dix jours pendant lesquels le détenu aurait dû pouvoir, selon elle, faire une heure de sport et vingt jours, pendant lesquels "aucune menace nouvelle" ne justifiait de lui retirer ses sous-vêtements. Enfin, elle a retiré sept jours à la peine finale, correspondant à la période pendant laquelle Manning n'était plus "à risque" et était resté à l'isolement strict en dépit des avis des psychiatres, considérant cette période comme "une punition préventive illégale".

Mais elle a estimé que l'argumentaire de la défense n'était pas "une raison suffisante" pour décréter l'abandon de toutes les charges, qui sont "graves". L'abandon des charges est justifié "uniquement en cas de conduite scandaleuse du gouvernement", a ajouté la juge.

Elle n'a pas détecté non plus d'"influence illégale du commandement militaire".

Le jeune soldat de 24 ans encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour "collusion avec l'ennemi", le plus grave des 22 chefs d'accusation. Son procès devant une cour martiale doit débuter le 6 mars.

Il est accusé d'avoir transmis à WikiLeaks, entre novembre 2009 et mai 2010, alors qu'il était analyste du renseignement en Irak, des documents militaires américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan, et 260.000 dépêches du département d'Etat, déclenchant une tempête dans la diplomatie mondiale.

chv/rap