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08/01/2013 06:17 EST | Actualisé 10/03/2013 05:12 EDT

Venezuela: le parlement vote pour repousser l'investiture d'Hugo Chavez, malade

CARACAS, Venezuela - Les législateurs vénézuéliens ont voté mardi pour repousser l'investiture du président Hugo Chavez pour son nouveau mandat, un geste qui a immédiatement été critiqué par ses opposants, qui l'ont qualifié de violation de la constitution.

Les alliés de M. Chavez, qui détiennent la majorité des sièges de l'Assemblée nationale, ont appuyé une proposition du gouvernement pour que M. Chavez soit assermenté à une date ultérieure devant la Cour suprême. Les députés pro-Chavez ont approuvé le plan à main levée, mais les opposants du leader socialiste ont soutenu qu'il s'agissait d'un acte illégal.

Le vice-président vénézuélien, Nicolas Maduro, a annoncé que M. Chavez ne pourrait pas être présent pour son investiture de jeudi dans une lettre adressée au président de l'Assemblée nationale, Diosdado Cabello.

Dans sa lettre, M. Maduro affirme que selon les recommandations de l'équipe médicale de M. Chavez, son processus de guérison «devrait être prolongé au-delà du 10 janvier», et que pour cette raison, Hugo Chavez ne pourra être présent à la cérémonie.

M. Maduro a indiqué que M. Chavez invoquait des dispositions de la Constitution lui permettant d'être assermenté devant la Cour suprême «à une date ultérieure».

L'opposition a contesté cet argument à l'Organisation des États américains, mais ne semblait pas avoir d'autres avenues pour bloquer le plan du gouvernement.

Les tensions entre le gouvernement et l'opposition sur la possibilité de repousser légalement la date de l'investiture se sont transformées en dispute constitutionnelle au cours des dernières semaines. Le président Chavez a subi sa quatrième opération pour un cancer à Cuba le mois dernier et il n'est pas apparu en public depuis.

Plus tôt mardi, le leader de l'opposition, Henrique Capriles, avait estimé que la Cour suprême devrait trancher la question de l'éventuel report de l'investiture.

D'autres leaders de l'opposition ont déclaré que la cérémonie d'assermentation ne pouvait être repoussée et qu'en vertu de la Constitution, le président de l'Assemblée nationale devait assumer la présidence par intérim si Hugo Chavez n'était pas rentré au pays à temps.

«La Cour suprême doit prendre position sur ce que dit le texte de la Constitution», a dit M. Capriles, qui a perdu l'élection présidentielle contre Hugo Chavez il y a trois mois. «Il n'y a pas de monarchie ici, et nous ne sommes pas à Cuba», a-t-il ajouté.

M. Capriles a précisé qu'il n'était pas nécessaire de soumettre le dossier à la Cour suprême puisque qu'elle sera de toute façon obligée de statuer sur la dispute.

Même si les leaders des partisans et des opposants de M. Chavez assurent qu'il n'y aura pas d'explosion de violence jeudi, la dispute pourrait pousser l'opposition à remettre en question la légitimité des responsables gouvernementaux qui seront toujours en poste après la date de l'investiture.

La Constitution vénézuélienne affirme que l'assermentation du président doit se dérouler devant les élus de l'Assemblée nationale le 10 janvier, mais ajoute que le président peut aussi prêter serment devant la Cour suprême s'il est incapable d'être assermenté devant l'assemblée. Les responsables du gouvernement font valoir que cette clause ne mentionne pas de date spécifique, tandis que des opposants affirment que le texte dit clairement que la date limite est le 10 janvier.

Le vice-président Maduro estime que l'investiture n'est qu'une «formalité» et pense que l'opposition interprète la Constitution de façon erronée. Avant de partir se faire opérer à Cuba, Hugo Chavez avait déclaré que s'il devenait incapable d'assumer ses fonctions présidentielles, M. Maduro devrait prendre sa place et se porter candidat dans une élection visant à la remplacer.

Henrique Capriles a cependant souligné, mardi, que M. Maduro n'avait pas été élu pour diriger le gouvernement en l'absence d'Hugo Chavez pour le début de son nouveau mandat.

«Si M. Maduro veut devenir président, ce ne sera pas de cette façon», a-t-il dit.

Jorge Rodriguez, maire de district à Caracas et ex-responsable de la campagne présidentielle, a accusé l'opposition de fomenter une «conspiration» contre le gouvernement Chavez. Il a insisté sur le fait qu'Hugo Chavez restait président malgré ses problèmes de santé et a rappelé que l'Assemblée nationale lui avait donné la permission de s'absenter pour ses traitements à Cuba.