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08/01/2013 03:50 EST | Actualisé 10/03/2013 05:12 EDT

USA: tempête dans un verre d'eau autour d'une pièce à mille milliards

Une proposition en forme de boutade lancée par le prix Nobel d'économie Paul Krugman pour résoudre le problème du plafond de la dette, frapper une pièce de 1.000 milliards de dollars, suscite une tempête aux Etats-Unis.

Les élus républicains du Congrès ont lancé mardi une pétition contre cette idée qui circule depuis des mois mais à laquelle Paul Krugman a donné de l'écho en la mentionnant lundi dans un éditorial du New York Times.

"Le président (Barack) Obama devrait-il être prêt à frapper une pièce de 1.000 milliards de dollars si les républicains tentent de forcer l'Amérique à faire défaut? Oui, absolument", écrivait le prix Nobel d'économie.

Les républicains appellent leurs partisans à faire savoir à M. Obama que "le problème, ce sont les dépenses".

Une autre pétition, déposée sur le site internet de la Maison Blanche, a été signée mardi par plus de 6.400 personnes. Elle exhorte M. Obama à demander au Trésor de créer cette pièce, comme celui-ci en a la possibilité.

L'idée serait de déposer ladite pièce à la banque centrale (Fed) pour lui racheter des bons du Trésor américains pour 1.000 milliards de dollars, ce qui éviterait au pays d'enfoncer le plafond de la dette.

Pour Paul Krugman, cette idée est moins dangereuse que celle de forcer l'Etat fédéral à manquer un ou plusieurs de ses remboursements à plus ou moins brève échéance si le Congrès ne parvient pas à se mettre d'accord sur un moyen de relever "la limite légale de la dette" (16.394 milliards de dollars), qui a été atteinte le 1er janvier.

Dans les faits, une telle manoeuvre ne changerait rien au niveau de la dette de l'Etat fédéral puisque la monnaie fiduciaire reste une créance sur l'Etat qui l'émet.

A l'été 2011, le Congrès américain s'était résolu à relever à la dernière minute le plafond légal de la dette publique, juste à temps pour éviter à l'Etat de manquer un versement d'intérêts échus, à l'issue d'un psychodrame politique de plusieurs mois qui avait déclenché un nouvel accès de fièvre sur les marchés financiers.

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