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08/01/2013 07:11 EST | Actualisé 10/03/2013 05:12 EDT

Une ex-élue américaine victime d'un tireur lance une campagne contre les armes

PHOENIX, États-Unis - L'ancienne représentante américaine atteinte à la tête par un tireur il y a deux ans a lancé, mardi, une campagne nationale contre la violence causée par les armes à feu, affirmant que son mari et elle tenteraient de contrer le puissant lobby des armes aux États-Unis.

La campagne lancée par Gabrielle Giffords survient alors que le président Barack Obama a demandé à son administration de proposer, d'ici la fin du mois de janvier, des moyens de freiner les tueries et les autres violences causées par les armes à feu dans le pays.

L'administration Obama a appelé cette semaine des groupes de propriétaires d'armes à feu, des regroupements de victimes et des représentants de l'industrie des jeux vidéo à se rendre à la Maison-Blanche pour des discussions.

M. Obama a lancé cette initiative après la tuerie du mois de décembre dans une école primaire du Connecticut, qui a fait 26 morts, dont 20 enfants. Le président, qui est resté silencieux sur le dossier des armes durant son premier mandat, a réclamé des «actions immédiates» pour faire face au problème.

Mais le Congrès est empêtré dans les questions fiscales, et un haut responsable républicain a prévenu que toute action sur les armes à feu serait repoussée à plus tard compte tenu des circonstances.

Gabrielle Giffords et son mari, l'ancien astronaute Mark Kelly, sont en train devenir des militants de premier plan du contrôle des armes, particulièrement depuis l'attaque au Connecticut. Dans une lettre d'opinion publiée dans le «USA Today», ils affirment que leur comité d'action politique, baptisé Americans for Responsible Solutions, récoltera des fonds pour soutenir les efforts en faveur du contrôle des armes à feu.

«Réaliser des réformes pour réduire la violence causée par les armes et éviter les fusillades de masse signifiera d'égaler le lobby des armes en termes de portée et de ressources», ont-ils écrit. La National Rifle Association (NRA), le plus puissant lobby des armes aux États-Unis, a déclaré après la fusillade au Connecticut que la solution serait de déployer un policier armé dans chaque école du pays.

Le couple Giffords-Kelly a souligné qu'il soutenait le deuxième amendement de la Constitution, qui garantit aux Américains le droit individuel de porter des armes. «Nous ne voulons pas plus vous enlever vos armes que nous voulons nous départir des deux armes que nous avons placées dans un coffre-fort à la maison», affirment-ils.

«Ce que nous voulons, c'est ce que veulent la majorité des membres de la NRA et des Américains: des changements responsables dans nos lois afin d'imposer une possession d'armes responsable et réduire la violence causée par les armes.»

La semaine dernière, Gabrielle Giffords et son mari se sont rendus à Newtown, la ville du Connecticut où s'est produite la fusillade de décembre. Ils ont aussi rencontré le maire de New York, Michael Bloomberg, un partisan déclaré du contrôle des armes.

Dans leur lettre d'opinion, Mme Giffords et M. Kelly critiquent ce qu'ils estiment être l'inaction des élus. «En réponse à une série de fusillades horrifiantes (...) le Congrès a fait quelque chose d'extraordinaire, c'est à dire rien du tout.»

Ils espèrent maintenant que les élus «n'auront plus de raison d'avoir peur du lobby des armes».

Gabrielle Giffords est devenue malgré elle un symbole de la violence causée par les armes à feu après avoir été victime d'un tireur, qui a ouvert le feu lors d'une assemblée publique avec des électeurs à Tucson, en Arizona, le 8 janvier 2011. La fusillade a fait six morts et 13 blessés, dont Mme Giffords, qui a été grièvement blessée à la tête.