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08/01/2013 06:23 EST | Actualisé 10/03/2013 05:12 EDT

RDCongo: le Conseil de sécurité se penche sur l'utilisation de drones

Le Conseil de sécurité a examiné mardi la possibilité pour la mission de l'ONU en République démocratique du Congo (Monusco) de se doter de drones pour mieux surveiller l'est du pays, en proie à une rébellion armée.

Il s'agit "de mettre la Monusco mieux en mesure de faire son travail, donc plus d'hélicoptères, peut-être certains avec vision nocturne, et puis des capacités fluviales, et des équipements de surveillance aérienne -- des drones", a expliqué à la presse le patron des opérations de maintien de la paix de l'ONU Hervé Ladsous.

"J'ai expliqué au Conseil à quel point cela nous paraissait nécessaire", a-t-il ajouté. "Des questions ont été posées. J'y ai répondu".

M. Ladsous a reconnu que ce débat allait "prendre du temps". Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon doit présenter des propositions au Conseil sur le renforcement de la Monusco "dans les semaines qui viennent".

L'ONU cherche à renforcer sa mission en RDC où les rebelles du mouvement M23 ont pris le contrôle d'une bonne partie de la province du Nord-Kivu (est). Selon des experts de l'ONU, le Rwanda et l'Ouganda voisins fournissent armes et troupes au M23, ce que ces deux pays nient.

L'ONU envisage aussi d'accroître l'effectif de la Monusco --actuellement 17.500 hommes mais pouvant être porté à 19.500 hommes-- et de la rédéployer.

La France estime que "l'ONU a besoin de ressources additionnelles modernes, en particulier de drones, pour être mieux informée, plus réactive", a indiqué mardi la mission française auprès de l'ONU sur son compte twitter.

Mais selon des diplomates, certains pays sont réticents en raison des capacités de repérage de ces engins sans pilote, qui peuvent détecter des mouvements de troupes et le passage d'armes à travers les frontières. Les utiliser en RDC créerait aussi un précédent.

Pour l'ambassadeur rwandais à l'ONU Eugène Richard Gasana, "des pays membres se posent des questions légitimes concernant des problèmes légaux, des problèmes de financement". "Que ferons-nous avec ces engins sans pilote? (..) combien cela coûtera-t-il?", s'est-il interrogé. Le Rwanda vient de faire son entrée au Conseil en tant que membre non permanent, pour une durée de deux ans.

avz/rap