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08/01/2013 04:12 EST | Actualisé 10/03/2013 05:12 EDT

L'Union africaine demande à l'Otan d'intervenir au Mali

L'Union africaine (UA) a appelé mardi l'Otan à participer à la force militaire internationale qui doit être déployée dans le Nord du Mali pour en déloger des islamistes, arguant depuis Ottawa qu'il s'agit d'une question de terrorisme qui "dépasse le cadre africain".

Le chef de l'UA, le président du Bénin Thomas Boni Yayi, a lancé cet appel alors que jihadistes et rebelles touaregs ont repris l'offensive, forçant l'armée malienne à procéder lundi et mardi à des tirs de sommation à l'arme lourde à quelque 650 kilomètres de la capitale Bamako.

C'est la première fois depuis neuf mois que l'armée malienne et ces mouvements armés sont aussi proches d'un affrontement.

Face au péril que font peser ces groupes, dont certains sont liés à Al-Qaïda, le Conseil de sécurité de l'ONU avait adopté le 20 décembre une résolution autorisant le déploiement d'une force de militaires africains appuyée par les pays occidentaux.

"Si on fait la même lecture (de cette résolution), en réalité, l'Otan se joindra à nos forces africaines", a plaidé Thomas Boni Yayi, en visite au Canada, où il était venu signer des accords économiques.

S'exprimant aux côtés du Premier ministre Stephen Harper, il a indiqué avoir profité de leur entretien pour demander au dirigeant canadien d'"intervenir pour que l'Otan s'ajoute" à la coalition internationale qui doit être formée.

L'Union africaine est "en train de formuler auprès des plus grands" décideurs de la planète le besoin de créer une "coalition globale" à l'image de celle qui avait été formée en Afghanistan après le 11-Septembre, a expliqué le président béninois.

Selon ce dernier, le problème malien "dépasse le cadre africain" car "c'est une question de terrorisme et ça relève de la compétence de la communauté internationale".

"Nous ne pouvons plus perdre de temps", a-t-il averti, tout en conditionnant le déclenchement de l'intervention militaire à la tenue préalable d'une conférence internationale visant à "décider qui fait quoi et quand". "L'Otan devrait y participer", a-t-il lancé, sans préciser quand aura lieu cette rencontre.

Membre de l'Alliance atlantique, le Canada avait activement participé à l'intervention en Afghanistan, puis avait envoyé des chasseurs bombardiers lors des frappes aériennes contre les troupes du colonel Kadhafi, en 2011.

Mais cette fois, a averti le Premier ministre Harper, Ottawa n'enverra aucun soldat au Mali: "Le gouvernement du Canada n'envisage aucune participation militaire directe".

Alors que le ministre canadien de la Défense, Peter MacKay, avait indiqué la semaine dernière que le déploiement de formateurs militaires était à l'étude, Stephen Harper a dit que son pays s'en tiendrait à une aide humanitaire.

"Nous sommes très inquiets", a confié M. Harper. "Il y a toute une région terroriste qui s'établit en Afrique et c'est hautement préoccupant pour la communauté internationale".

L'appel de Thomas Boni Yayi restera-t-il lettre morte ? En octobre, le secrétaire général de l'Alliance atlantique Anders Fogh Rasmussen avait indiqué que l'Otan n'avait aucune intention d'intervenir au Mali.

Il réagissait alors à la demande faite aux Occidentaux par Bamako d'envoyer avions de combat et des forces spéciales pour soutenir les troupes africaines.

sab/via