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08/01/2013 11:50 EST | Actualisé 10/03/2013 05:12 EDT

Kordofan-Sud: la famine touche des dizaines de milliers de familles (ONU)

Des dizaines de milliers de familles de la province soudanaise du Kordofan-Sud, en proie à la guerre, en sont réduites à se nourrir de racines et de feuilles, a déclaré mardi un haut responsable de l'ONU.

Lors de consultations à huis clos au Conseil de sécurité mardi, John Ging, directeur des opérations au Bureau de coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA), a indiqué aux 15 pays membres que 80% des familles au Kordofan-Sud ne prenaient qu'un repas par jour ou moins.

M. Ging a ensuite fait état devant les journalistes de témoignages "sur des gens qui doivent subsister en se nourrissant de racines et de feuilles". "Il est tout à fait inacceptable que des dizaines, des centaines de milliers de personnes vivent dans cette situation et que nous ne puissions pas y avoir accès pour les aider", a-t-il déclaré, ajoutant avoir "lancé un appel à l'aide au Conseil de sécurité".

M. Ging a aussi noté une "intensification du conflit" au Kordofan-Sud, avec une augmentation du nombre des habitants fuyant les combats --12.000 en décembre dernier, soit le double du chiffre de novembre.

Le Conseil réclame depuis longtemps à Khartoum un accès humanitaire pour secourir les populations du Kordofan-Sud et du Nil Bleu, une autre province soudanaise. Khartoum nie de son côté l'existence d'une crise humanitaire et affirme être capable de secourir sa population.

Plus de 900.000 personnes ont été déplacées ou sévèrement affectées par le conflit au Kordofan-Sud et au Nil Bleu, selon l'ONU.

A la sortie des consultations, l'ambassadrice américaine Susan Rice a souligné que les Etats-Unis "étaient toujours très inquiets de la dégradation continue de la situation humanitaire dans le Kordofan-Sud et le Nil Bleu".

Elle a invité Khartoum et les rebelles de la branche Nord du Mouvement de libération des peuples du Soudan (SPLM-N) à "mener d'urgence des discussions sur un accès humanitaire, un cessez-le-feu et un règlement politique de leur conflit".

Elle a estimé que le Conseil "devait faire pression pour obtenir un accès humanitaire immédiat et sans entrave" aux deux provinces, sans toutefois brandir la menace de sanctions. "Nous n'excluons aucune option mais la meilleure solution est un accord entre les parties", a-t-elle estimé.

Situé le long de la nouvelle frontière avec le Soudan du Sud, le Kordofan-Sud, comme le Nil Bleu, connaît depuis l'été 2011 des combats entre l'armée soudanaise et des mouvements rebelles. Une partie de ces rebelles avait combattu au côté des Sudistes lors de la guerre civile (1983-2005) qui a abouti à la partition.

Khartoum soupçonne le Soudan du Sud de soutenir le SPLM-N, ce que Juba et les rebelles démentent.

Mme Rice a aussi affirmé que Soudan et Soudan du Sud devaient "passer enfin du discours à l'action en appliquant clairement" leur accord conclu à Addis Abeba. Leurs présidents respectifs, Omar el-Béchir et Salva Kiir, se sont engagés samedi à Addis Abeba à fixer un calendrier pour relancer l'application d'accords essentiels, au point mort depuis trois mois, portant sur le partage des ressources pétrolières, le tracé des frontières ou l'avenir de la zone disputée d'Abyei.

avz/mdm