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08/01/2013 02:58 EST | Actualisé 09/03/2013 05:12 EST

HRW dénonce la confirmation de peines contre des opposants à Bahreïn

Human Rights Watch a dénoncé la confirmation par la justice de lourdes peines contre 13 dirigeants de l'opposition à Bahreïn, où des manifestations anti-gouvernementales se sont poursuivies tard lundi soir, selon des témoins.

L'organisation de défense des droits de l'Homme basée à New York a souligné dans un communiqué que les preuves retenues contre les opposants "consistaient en des discours publics appelant à des réformes pour limiter le pouvoir de la famille régnante des Al Khalifa et des aveux qui semblent avoir été obtenus de force".

La Cour de cassation a confirmé lundi les peines, allant de la perpétuité à cinq ans de prison, contre treize opposants condamnés pour complot contre le régime.

Les treize hommes, qui sont détenus depuis près de deux ans et n'ont désormais plus de recours juridique, ont été des meneurs du soulèvement lancé par l'opposition chiite, qui a secoué le pays en février 2011 avant d'être maté par la dynastie sunnite.

Des manifestations ont éclaté peu après l'annonce du verdict et se sont poursuivies jusque tard dans la nuit dans les villages chiites entourant Manama, selon des témoins.

Des centaines de personnes sont descendues dans les rues de ces villages à l'appel d'un collectif radical, le "Mouvement du 14 février", scandant des slogans appelant à la chute de la monarchie, et certains protestataires ont bloqué des routes à l'aide de pneus enflammés, selon ces témoins.

Les manifestants ont été été dispersés à coups de grenades lacrymogènes par la police.

Le pouvoir n'a fait aucune concession de fond depuis l'écrasement du soulèvement, mais affirme avoir commencé à appliquer les recommandations d'une commission d'enquête indépendante sur la répression de la contestation.

Mais le chef de cette commission indépendante, Cherif Bassiouni, a déclaré à Human Rights Watch en novembre que ses recommandations sont soit restées lettre morte soit "appliquées sans grande conviction", selon le communiqué.

"On ne peut pas dire que justice a été rendue quand un appel pour instaurer une république à Bahreïn vaut la réclusion à perpétuité", a ajouté M. Bassiouni, cité par HRW.

bur-at/cnp