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08/01/2013 10:01 EST | Actualisé 10/03/2013 05:12 EDT

Début d'une enquête contre l'ancien président colombien Alvaro Uribe

BOGOTA - Le bureau du procureur en chef de Colombie a amorcé une enquête préliminaire au criminel contre l'ancien président Alvaro Uribe, qui est soupçonné d'avoir appuyé une milice d'extrême-droite alors qu'il était gouverneur régional dans les années 1990.

M. Uribe a contesté sur Twitter l'enquête, qui a été ordonnée le 2 janvier et rendue publique mardi par son avocat. Il prétend qu'elle est basée sur des propos «diffamatoires de prisonniers criminels» qui ont été «manipulés».

Le dossier est basé sur des accusations faites en 2011 par le député de la gauche Ivan Cepeda. Ce dernier prétend qu'une milice d'extrême-droite qui a tué des sympathisants rebelles a été formée dans une ferme appartenant à M. Uribe et son frère, Santiago, à San Roque.

M. Cepeda soutient que la milice a été créée alors que M. Uribe était gouverneur du département d'Antioquia de 1995 à 1997, une période au cours de laquelle M. Uribe a également fait la promotion d'un groupe citoyen d'auto-défense appelé Convivir. Des groupes de protection des droits de l'homme ont accusé Convivir d'abus, incluant des meurtres extrajudiciaires.

En tant que président de la Colombie de 2002 à 2010, M. Uribe a orchestré la démobilisation de milliers de membres de milices d'extrême-droite. Les milices ont été créées dans les années 1980 par des fermiers et des trafiquants de drogue afin de répliquer aux enlèvements et aux extorsions organisés par des rebelles de gauche. Elles ont toutefois évolué en organisations criminelles qui, selon les procureurs, auraient tué des dizaines de milliers de personnes.

M. Cepeda a qualifié l'ouverture de l'enquête contre M. Uribe de «sans aucun doute l'étape la plus importante dans l'histoire judiciaire de la Colombie dans les dossiers para-politiques.»

M. Uribe prétend être innocent et soutient que les accusations sont en fait des représailles politiques.