NOUVELLES
08/01/2013 03:58 EST | Actualisé 10/03/2013 05:12 EDT

Centrafrique: le président accuse les rebelles d'être des terroristes

BANGUI, République centrafricaine - Le président de la République centrafricaine a accusé mardi les rebelles qui contrôlent le nord du pays d'être soutenus par des «terroristes étrangers», et a déclaré qu'il participerait aux pourparlers de paix de cette semaine pour défendre la démocratie.

Le président François Bozizé, lui-même arrivé au pouvoir après une rébellion en 2003, a offert de former un gouvernement de coalition avec les rebelles. Mais certains combattants ont déclaré qu'ils ne participeraient pas au gouvernement tant que le président ne démissionnerait pas.

Même si M. Bozizé a déjà été défié par d'autres groupes d'insurgés, la plus récente offensive d'une alliance de rebelles, lancée le mois dernier, représente pour lui la plus grave menace depuis son arrivée au pouvoir, il y a près de dix ans.

«Dans une démocratie, le changement se fait dans les urnes et non par les armes», a dit le président mardi lors d'une conférence de presse au palais présidentiel de Bangui.

Des représentants des rebelles et du gouvernement centrafricain sont déjà arrivés au Gabon, où des négociations de paix doivent commencer plus tard cette semaine. François Bozizé a déclaré que si les rebelles avaient quelque chose de positif à dire, il était prêt à les écouter.

«Si les terroristes viennent pour parler de terrorisme, le monde entier le saura», a-t-il dit. «S'ils viennent pour discuter de la défense de la République centrafricaine, nous allons les écouter. S'il y a quelque chose de positif, nous l'accepterons. S'il s'agit d'un vol à main armée, nous ne l'accepterons pas.»

Les rebelles de l'alliance Séléka sont issus de quatre groupes distincts qui se sont unis pour combattre le gouvernement Bozizé.

Mardi, le président a de nouveau accusé des forces étrangères d'aider les rebelles, estimant qu'il y avait «un risque de cause religieuse» derrière la rébellion.

Il a déclaré que des Janjawids, des combattants originaires du Soudan voisin, de même que «des gens qui ne parlent pas sango, français ou anglais», faisaient partie des rangs des rebelles.

«Des terroristes étrangers attaquent le pouvoir établi en République centrafricaine. Dans ces circonstances, je suis fier d'avoir servi mon pays normalement, que la démocratie fonctionne normalement», a dit le président Bozizé.

Les rebelles ont lancé leur offensive le 10 décembre et ont pris le contrôle d'une dizaine de villes depuis. Ils ont récemment déclaré qu'ils avaient freiné leur avancée vers la capitale pour donner une chance aux négociations de paix.