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07/01/2013 07:55 EST | Actualisé 09/03/2013 05:12 EST

Viol collectif en Inde: les médias exclus du procès qui se déroulera en accéléré

NEW DELHI - Un juge indien a décidé, lundi, que les médias ne seraient pas autorisés à assister aux audiences préliminaires ni au procès des cinq hommes accusés du viol collectif et du meurtre d'une étudiante dans un autobus de New Delhi à la mi-décembre.

Le juge Namrita Aggarwal a acquiescé à la requête du procureur, qui lui avait demandé d'interdire aux médias d'assister aux procédures judiciaires, selon le porte-parole de la police, Rajan Bhagat.

Des centaines de journalistes, d'avocats d'autres causes et de curieux avaient rempli la salle d'audience où devaient se présenter les cinq hommes lundi. À l'extérieur du complexe, au moins une douzaine de camions de transmission satellite bloquaient les rues, et des dizaines de journalistes du monde entier attendaient de recevoir des mises à jour.

Les cinq accusés se sont présentés devant le tribunal plus tard dans la journée, et le juge a annoncé qu'une autre audience préliminaire aurait lieu jeudi. Le procès devrait commencer d'ici quelques jours devant un tribunal qui traite les dossiers de façon accélérée.

Les cinq hommes sont accusés de meurtre, de viol et d'autres crimes qui pourraient leur valoir la peine de mort. Le viol collectif de l'étudiante a provoqué une onde de choc en Inde et a suscité de nombreuses manifestations.

Un sixième suspect, âgé de 17 ans, devrait être jugé devant un tribunal pour mineurs, où la peine maximale est de trois ans de détention dans un centre de réforme.

Le procureur Rajiv Mohan avait déclaré la semaine dernière que les tests d'ADN confirmaient que les taches retrouvés sur les vêtements de chacun des accusés correspondaient au sang de la victime.

Dimanche, deux des accusés ont proposé de devenir des «informateurs» contre les autres accusés, selon des journalistes présents lors de l'audience préliminaire. Les deux accusés en question tentent probablement d'obtenir des peines moins lourdes.

Le compagnon de la jeune femme violée a raconté la semaine dernière, dans une entrevue télévisée, comment ils avaient été attaqués pendant deux heures et demie dans un autobus de la capitale avant d'être abandonnés nus sur le bord de la route, où les passants les ont ignorés et où les policiers ont discuté de questions de juridiction avant de se décider à les aider.

La jeune femme a succombé aux graves blessures internes subies lors du viol dans un hôpital de Singapour, où elle avait été envoyée pour des soins spécialisés.

Les lois indiennes interdisent de publier l'identité des victimes de viol. Le compagnon de la victime et la chaîne qui a diffusé l'entrevue avec celui-ci, Zee TV, n'ont pas donné le nom de la jeune femme, mais la police a ouvert une enquête sur la chaîne, estimant que trop de détails sur l'attaque avaient été révélés dans l'entrevue.

Depuis l'attaque, de nombreux Indiens plaident pour un renforcement des lois sur le viol et pour une réforme de la culture de la police, qui blâme souvent les victimes et refuse parfois de porter des accusations contre les suspects.

Les autorités de New Delhi ont réagi en créant sept tribunaux aux procédures accélérées pour juger les cas d'agression sexuelle, qui se perdent souvent pendant des années dans les dédales du système judiciaire. Les tribunaux indiens sont connus pour leur lenteur et des millions de dossiers sont en attente à travers le pays.

Lundi, le plus haut juge du pays a demandé aux États indiens de mettre sur pied eux aussi des tribunaux aux procédures accélérées pour juger les crimes commis contre les femmes.