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07/01/2013 04:08 EST | Actualisé 09/03/2013 05:12 EST

USA: la mortalité due aux cancers recule, des défis de prévention demeurent

Le recul de la mortalité par cancer aux Etats-Unis, amorcé au début des années 90, se poursuit, selon le dernier rapport fédéral publié lundi dont les auteurs soulignent qu'il reste également bien des défis à relever en matière de prévention pour maintenir ces progrès.

"La baisse continue de la mortalité résultant du cancer ces deux dernières décennies est une raison de se réjouir", souligne le Dr John Seffrin, patron de l'American Cancer Society, qui a contribué à cette recherche.

"Les défis sont maintenant de poursuivre ces progrès face aux nouveaux obstacles que sont notamment l'obésité et les infections avec des papillomavirus humains (PVH)" responsables de la plupart des cancers du col de l'utérus, ajoute-t-il.

De 2000 à 2009, le taux des décès ayant résulté de cette maladie a baissé de 1,8% par an chez les hommes, de 1,4% parmi les femmes et de 1,8% chez les enfants jusqu'à l'âge de 14 ans.

Sur cette même période, l'incidence générale du cancer aux Etats-Unis a diminué de 0,6% par an chez les hommes tandis qu'elle a été stable parmi les femmes et s'est accrue de 0,6% pour les enfants de moins de 14 ans.

"Bien que ce rapport montre que nous faisons des progrès dans la lutte contre le cancer sur certains fronts, nous avons encore beaucoup à faire, surtout au niveau de la prévention", insiste le Dr Thomas Frieden, le directeur des Centres fédéraux de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Celui-ci souligne ainsi que la vaccination contre le PVH peut prévenir le cancer du col de l'utérus mais "malheureusement un trop grand nombre de jeunes filles arrivent à l'âge adulte vulnérables à ce cancer parce qu'elles n'ont pas été vaccinées", déplore-t-il.

Le rapport indique qu'en 2010, seulement 32% des jeunes filles de 13 à 17 ans avaient été pleinement vaccinées contre le PVH contre l'objectif de 80% fixé par les autorités sanitaires.

En comparaison, le taux de vaccination dépasse 70% en Grande Bretagne et au Australie.

"Le rôle de certaines infections virales sur le taux de cancers est significatif et requiert une attention permanente, surtout l'infection des PVH responsable de la plupart des cancers utérins", souligne le Dr Harold Varmus, directeur de l'Institut national américain du cancer (NCI).

Le rapport détaille également la mortalité par sexe et type de cancer.

Ainsi de 2000 à 2009, le taux annuel de mortalité chez les hommes a diminué pour dix des 17 cancers les plus fréquents (poumon, prostate, colon, sang --leucémie--, glandes --lymphome malin non hodgkinien--, rein, estomac, os -- myélome--, pharynx et larynx).

En revanche, la mortalité a augmenté chez les hommes pour le cancer de la peau le plus dangereux, le mélanome, ainsi que pour le cancer du pancréas et du foie.

Durant cette même période, le taux annuel de décès chez les femmes a baissé pour quinze des dix-huit cancers les plus communs (poumon, sein, colon et rectum, ovaire, sang, glandes, cerveau, os, rein, estomac, col de l'utérus, vessie, oesophage, cavité buccale, pharynx et de la vésicule biliaire).

Mais la mortalité féminine s'est accrue pour les cancers du pancréas, du foie et de l'utérus, précise les auteurs du rapport.

Selon les derniers chiffres de l'American Cancer Society, le cancer a fait 577.190 morts en 2012 aux Etats-Unis, 301.820 hommes et 275.370 femmes, et 1,6 million de nouveaux cas ont été diagnostiqués.

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