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07/01/2013 11:43 EST | Actualisé 09/03/2013 05:12 EST

Soulèvement à Bahreïn: la justice confirme les peines de 20 opposants

MANAMA, Bahreïn - Dans une décision qui risque de déclencher d'autres manifestations violentes à Bahreïn, la plus haute cour du pays a confirmé lundi les peines de prison imposées à 20 membres de l'opposition, dont huit font face à la prison à vie.

Le groupe de personnes reconnues coupables comprend un militant des droits de la personne qui a mené une grève de la faim pendant 110 jours l'an dernier pour exprimer son opposition aux verdicts. L'action de celui-ci n'était que l'un des nombreux actes de résistance qu'a connu le pays du golfe Persique depuis le début du Printemps arabe, il y a deux ans.

La majorité chiite de Bahreïn, qui s'est soulevée à quelques reprises au cours des dernières décennies, dénonce la discrimination dont elle se dit victime de la monarchie sunnite qui dirige le royaume.

Les dirigeants de Bahreïn ont proposé quelques réformes, notamment l'octroi de pouvoirs supplémentaires au Parlement élu, mais les leaders des mouvements de contestation soutiennent que leurs demandes pour occuper des postes importants au sein du gouvernement n'ont pas été entendues.

Plus de 55 personnes sont mortes dans des manifestations à Bahreïn depuis le mois de février 2011, tandis que plusieurs dirigeants de l'opposition et militants ont été arrêtés, notamment le groupe de 20 personnes accusé d'avoir «conspiré pour renverser» le système actuel.

Un avocat de la défense, Jalil al-Aradi, a déclaré que la cour refusait de réexaminer les condamnations et les peines, imposées par un tribunal militaire créé en 2011 en vertu de la loi martiale temporairement en vigueur à ce moment.

Les 20 membres du groupe affirment avoir été victimes d'abus lorsqu'il étaient en détention préventive.

Parmi les huit militants condamnés à la prison à vie se trouve Abdulhadi al-Khawaja, qui a organisé une grève de la faim de plus de trois mois l'an dernier. Les douze autres accusés ont été condamnés à des peines allant de 5 à 15 ans de prison; sept d'entre eux ont reçu leur peine par contumace.