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07/01/2013 03:46 EST | Actualisé 09/03/2013 05:12 EST

Placement dans la construction: une période de mouvance en trois temps

MONTRÉAL - Le placement de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction se trouve présentement dans une période de mouvance, en attendant l'implantation du futur service de référence de main-d'oeuvre de la Commission de la construction, le 9 septembre.

Ce système informatisé de référence de main-d'oeuvre devait être implanté dans la foulée de la loi abolissant le placement d'ouvriers par les grands syndicats, mais il n'a pu l'être selon l'échéancier prévu. Son entrée en vigueur a donc été reportée au 9 septembre prochain.

Entre-temps, la Commission de la construction (CCQ) doit implanter le 4 février les mesures transitoires qui seront instaurées pour encadrer la référence ou le placement de la main-d'oeuvre.

La période du 4 février au 9 septembre sera «une période transitoire pour faire un changement de comportement, pour amener les gens à s'habituer à faire de l'embauche de façon différente», a expliqué en entrevue lundi Louis-Pascal Cyr, porte-parole de la Commission de la construction du Québec.

Et en attendant ces modalités le 4 février, c'est le statu quo.

«Pour le moment, on continue de parler aux employeurs et on devrait être en mesure de continuer à se parler jusqu'à ce que le système soit mis en vigueur le 9 septembre», a affirmé en entrevue Donald Fortin, directeur général du Conseil provincial du Québec des métiers de la construction (International).

M. Cyr explique qu'à compter du 4 février, la CCQ exigera des employeurs qui lui demandent un «numéro d'embauche» qu'ils lui indiquent comment ils ont recruté un travailleur, s'il est une connaissance personnelle ou s'il s'agit d'une référence par le syndicat ou un autre moyen.

La CCQ communiquera prochainement aux employeurs des informations sur ces nouvelles obligations. Elle informera aussi davantage les associations syndicales et les ouvriers des nouvelles dispositions.

Durant la même période, les ouvriers, de leur côté, seront invités à peaufiner leur profil professionnel auprès de la commission, afin de préciser par exemple leurs habiletés, dans le but de mieux arrimer les besoins des employeurs et les compétences des ouvriers.

D'ici le 9 septembre aussi, les associations qui désirent continuer à faire éventuellement de la référence de main-d'oeuvre peuvent demander un permis pour ce faire au «Bureau des permis de service de référence de main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction».

Car les associations syndicales pourront continuer à faire une certaine forme de référence de main-d'oeuvre, même lorsque le système de la CCQ sera mis en place en septembre, mais uniquement en passant par la CCQ, a confirmé M. Cyr. Mais elles devront, pour ce faire, obtenir un permis et satisfaire aux conditions.

Les principales organisations syndicales qui font du placement, à savoir le Conseil provincial et la FTQ-Construction, doutent de l'efficacité du futur système de la CCQ, puisque celle-ci a déjà le mandat de faire du placement depuis des années, mais que ce système fonctionne cahin-caha. Les deux organisations syndicales contestent d'ailleurs la loi qui abolit le placement syndical devant le tribunal.

«On anticipe des problèmes majeurs à compter du mois de septembre (avec le nouveau système de la CCQ). On est à peu près convaincu que ça ne fonctionnera pas», critique M. Fortin.

«On déshumanise la relation de travail. S'il est maintenu qu'on ne peut pas, comme syndicat, parler aux employeurs, il y a un paquet d'informations importantes qu'on ne pourra pas donner aux travailleurs. Donc qui va leur donner l'information? Est-ce que c'est du travail dehors ou à l'intérieur? La durée de l'emploi? C'est dans les airs ou à terre? C'est le genre d'informations qui ne font pas partie nécessairement d'un système informatisé» et que le travailleur voudra connaître, avance le dirigeant syndical.

Le placement de main-d'oeuvre par les syndicats ne concerne que 15 pour cent du placement de la main-d'oeuvre dans la construction en général. Toutefois, selon M. Fortin, «90 pour cent du 15 pour cent touche les grands chantiers» de construction.