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07/01/2013 12:38 EST | Actualisé 09/03/2013 05:12 EST

Nommer un ministre aux Etats-Unis, une opération politiquement délicate

Pour le président des Etats-Unis, l'homme le plus puissant du monde, la nomination d'un ministre est une opération politiquement délicate requérant l'approbation d'un Sénat qui n'a rien d'une chambre d'enregistrement.

Le président nomme 8.000 personnes à des postes dans le gouvernement et l'administration, dont environ 1.200 doivent obtenir l'aval du Sénat: les ministres, mais aussi les ambassadeurs, les hauts responsables des ministères et agences gouvernementales et les juges fédéraux.

En nommant lundi Chuck Hagel au poste de secrétaire à la Défense et John Brennan à la tête de la CIA, Barack Obama n'a fait qu'initier un processus dont le dénouement pourrait lui échapper.

Les vies de Chuck Hagel et John Brennan vont d'abord être passées au crible par le FBI et d'autres agences gouvernementales pour déterminer d'éventuels conflits d'intérêts ou obstacles éthiques à leurs prises de fonctions.

Le Sénat prend dans la foulée la suite des opérations, selon les pouvoirs qui lui sont conférés par la Constitution.

Les candidats seront chacun convoqués devant une commission du Sénat pour un examen de passage lors duquel ils seront longuement interrogés sur leurs positions en matière de défense et politique étrangère pour l'un, et de renseignement pour l'autre. Leur passé sera aussi examiné de près.

Ces auditions, télévisées, constituent le moment clé de toute nomination. Les candidats redoublent de prudence: gare aux dérapages et aux déclarations mal calibrées.

En 1987, le juge conservateur Robert Bork fit les frais de l'hostilité des démocrates après avoir été nommé à la Cour suprême par le président Ronald Reagan. Le Sénat rejeta sa candidature.

Il y a quatre ans, Barack Obama dut aussi renoncer à nommer Tom Daschle ministre de la Santé, après la découverte du fait qu'il n'avait pas payé environ 140.000 dollars d'impôts.

Sur les 75 candidats présentés par Barack Obama dans les deux premières années de son premier mandat, seuls 63% furent confirmés. Les rejets des nominations de ministres sont rares, mais en décembre Susan Rice a été forcée de retirer sa candidature pour remplacer Hillary Clinton au département d'Etat, face à l'opposition croissante de sénateurs républicains.

Le Sénat doit voter à une simple majorité de 51 sénateurs sur 100 pour approuver toute nomination, mais en cas d'opposition d'un sénateur, une "supermajorité" de 60 voix est nécessaire.

Avec 55 sièges, le groupe démocrate devra donc convaincre au moins cinq républicains.

Plusieurs poids lourds républicains concentrent depuis des semaines leurs critiques contre Chuck Hagel, un homme à la réputation de franc-tireur qu'ils accusent de ne pas avoir fait montre d'un soutien indéfectible à Israël ou encore de s'être opposé dans le passé aux sanctions contre Téhéran.

ico/mdm