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07/01/2013 11:40 EST | Actualisé 09/03/2013 05:12 EST

Maroc: la mouvance islamiste prête à constituer un parti, selon un dirigeant

L'un des hauts responsables d'Al Adl wal Ihsane (AWI) a affirmé lundi dans la presse que cette importante mouvance islamiste marocaine interdite mais tolérée était "prête à constituer un parti", tout en soulignant qu'il revenait aux autorités d'en accepter le principe.

"Si nous déposons une demande pour la constitution d'un parti, nous nous retrouverons face à la justice, qui est entre les mains de l'Etat", déclare Fathallah Arsalane, nouveau secrétaire général adjoint, dans un entretien au quotidien arabophone Akhbar Al-Youm.

"Les autorités ne donnent aucun signe qu'elles vont accepter", précise-t-il.

Il s'agit de sa première prise de position depuis le décès en décembre d'Abdessalam Yassine, 84 ans, fondateur et chef spirituel d'AWI, dont les obsèques ont rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes.

Le mouvement, dont le nom signifie "Justice et bienfaisance", prône l'instauration d'un Etat islamique au Maroc mais rejette toute violence pour y parvenir. Il ne reconnaît pas au roi le statut de commandeur des croyants, ce qui représente une des divergences avec le parti islamiste Justice et développement (PJD) du chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane.

"Supposons que notre mouvement ne reconnaît pas la monarchie, où est le problème?", s'interroge Fathallah Arsalane dans Akhbar Al-Youm. "Il s'agit d'un point de vue. L'Etat ne doit-il pas garantir la liberté d'opinion à partir du moment où ces opinions sont exprimées pacifiquement?".

Sur les rapports avec le PJD, M. Arsalane estime qu'il faut faire la différence entre les "membres" du gouvernement et leur "rôle": "Les responsables du PJD sont sérieux, fidèles et engagés, mais concernant le rôle du gouvernement, il faut reconnaître que celui-ci ne gouverne pas".

"Tout cela n'est pas nouveau. Certains avaient pensé (...) que les choses allaient changer", a-t-il ajouté en référence à la Constitution adoptée en 2011 dans le contexte du Printemps arabe et qui prévoit d'élargir les prérogatives du gouvernement.

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