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07/01/2013 09:27 EST | Actualisé 09/03/2013 05:12 EST

Le secrétaire général de l'ONU se dit déçu par le discours du président syrien

BEYROUTH - Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a exprimé sa déception lundi face au président syrien Bachar el-Assad, qui a rejeté les éléments les plus importants d'un plan de paix international visant à mettre fin à la guerre civile, soit une transition politique et la mise sur pied d'un gouvernement intérimaire.

Lors de son discours de dimanche, le premier en public depuis six mois, le président syrien a présenté son propre plan pour résoudre le conflit, un plan qui le maintiendrait au pouvoir. Il a aussi écarté toute possibilité de dialogue avec l'opposition armée et a appelé les Syriens à combattre ce qu'il a appelé des «criminels meurtriers».

Le porte-parole de M. Ban, Martin Nesirky, a déclaré lundi que le secrétaire général était déçu que le discours du président syrien «ne contribue pas à la solution qui pourrait mettre un terme aux terribles souffrances du peuple syrien».

M. Nesirky a précisé que M. Ban et l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Lakhdar Brahimi, continueraient de travailler sur une transition politique qui mènera à des élections organisées par les Nations unies.

Les pays occidentaux, dont les États-Unis et le Royaume-Uni, ont dénoncé le discours de Bachar el-Assad. Lundi, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a lui aussi critiqué l'initiative du président syrien. Il l'a accusé de pratiquer un «terrorisme d'État» et l'a appelé à quitter le pouvoir.

«Il n'y a qu'une porte de sortie pour Bachar, et c'est de respecter la volonté du peuple et de faire tout ce qui est nécessaire», a dit M. Erdogan en conférence de presse lors d'une visite au Gabon. Ses commentaires ont été diffusés lundi par la télévision publique turque.

Sur le terrain, les violences ne se sont pas apaisées.

Les médias officiels syriens ont déclaré lundi que les troupes gouvernementales avaient repoussé une attaque des rebelles contre une école de police à Alep, dans le nord du pays.

Selon l'agence de presse officielle SANA, les forces du régime ont tué et blessé des membres d'un «groupe terroriste» dans les combats qui se sont déroulés dimanche soir, mais l'agence n'a pas donné de bilan précis. Les médias gouvernementaux ou favorables au régime syrien qualifient de «terroristes» les rebelles qui veulent renverser le président Bachar el-Assad.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme a par ailleurs déclaré que des rebelles avaient affronté des soldats dans les banlieues de Damas, notamment à Daraya, au sud de la capitale.

Des militants ont également rapporté des affrontements et des tirs d'artillerie lourde dans le sud, l'est et le centre de la Syrie.