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07/01/2013 10:10 EST | Actualisé 09/03/2013 05:12 EST

John Brennan, ex-espion et conseiller antiterroriste de Barack Obama

Choisi par Barack Obama pour prendre la tête de la CIA, John Brennan, actuel conseiller antiterroriste du président américain à la Maison Blanche, est un ex-espion de l'agence de renseignement américaine pour laquelle il a notamment été chef de station en Arabie saoudite.

John Brennan, 57 ans, a passé 25 ans à la CIA et participe à la lutte contre Al-Qaïda depuis le 11-Septembre: il était l'une des personnes présentes autour du président dans le sous-sol de la Maison Blanche le jour où Oussama ben Laden a été tué par un commando américain, un instant immortalisé par une célèbre photographie officielle.

Le lendemain, il révèle à la presse avide de détails les conditions du raid, mais dans la confusion, il donne des informations sur lesquelles la Maison Blanche reviendra, par exemple sur l'utilisation par Ben Laden d'une de ses épouses comme bouclier humain.

En annonçant sa nomination lundi, Barack Obama a loué en John Brennan l'un des experts "les plus compétents et respectés" en matière de renseignement et d'antiterrorisme, vantant son bilan dans la lutte contre Al-Qaïda.

"Jamais autant de dirigeants et commandants d'Al-Qaïda n'avaient été supprimés des champs de bataille depuis le 11-Septembre", a-t-il déclaré.

"Vous aurez l'un des vôtres", a-t-il aussi lancé à l'attention des employés de la CIA. "Il connaît les risques auxquels nos agents de renseignement font face chaque jour".

John Brennan a été directeur de cabinet du directeur de la CIA entre 1999 et 2001 puis directeur du Centre national de la lutte antiterroriste entre 2004 et 2005.

La nomination à la tête de la CIA de John Brennan est une deuxième chance: en 2009, il était déjà candidat à la direction de la centrale, mais des déclarations sur l'utilisation de torture sous l'administration du président George W. Bush --lors de laquelle il était en poste-- avaient torpillé sa candidature.

S'il a dénoncé la pratique de la simulation de noyade ("waterboarding") comme contraire aux valeurs américaines, il avait été écarté en raison de son implication dans le programme contesté de détention et d'interrogation de l'agence.

Lors d'une interview sur CBS en 2006, il avait notamment déclaré que lors des interrogatoires, il fallait "parfois enlever les gants". Selon lui, l'utilisation des techniques musclées d'interrogatoire a permis d'obtenir des informations utiles.

"Cela a sauvé des vies. Et n'oublions pas, ce sont des terroristes durs responsables du 11-Septembre qui n'ont montré aucun remords pour la mort de 3.000 innocents", déclarait-il en 2007.

Depuis qu'il a rejoint l'équipe de Barack Obama, son plus grand chantier concernait le programme d'attaques par drones notamment en Afghanistan, au Pakistan et au Yémen, dont la taille a été décuplée par l'actuel président. La Maison Blanche souhaitait établir des règles durables pour définir dans quelles conditions un suspect de terrorisme pouvait être ciblé.

"Nous essayons de définir un ensemble de règles, de critères, pour avoir un processus de décision autour de nos actions antiterroristes --des actions directes, létales-- de façon à ce que, quel que soit le lieu où elles soient prises, nous soyons sûrs qu'elles le soient pour de bonnes raisons et de la bonne façon", expliquait-il au Washington Post en octobre.

Peu d'informations biographiques sur l'homme sont disponibles, mais un échange avec des journalistes en août 2010 illustre son éthique de travail: à un journaliste qui lui demandait s'il faisait des pauses dans son travail, il avait répondu: "La détente, c'est pas mon truc" --une anecdote dûment répétée par Barack Obama lundi.

A la tête de la CIA, il succéderait à l'ex-général David Petraeus, contraint à la démission en novembre après la révélation d'une liaison avec sa biographe.

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