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07/01/2013 05:10 EST | Actualisé 08/03/2013 05:12 EST

Harcèlement: peine confirmée pour l'ex-directeur de la télévision algérienne

La cour d'appel d'Alger a confirmé la condamnation à 6 mois de prison avec sursis d'un ex-directeur d'une chaîne de télévision publique pour harcèlement sexuel et augmenté les dommages et intérêts accordés aux trois victimes, a rapporté lundi la presse francophone.

Saïd Lamrani, ex-directeur de la chaîne de télévision amazighe TV4, avait été condamné en octobre à six mois de prison avec sursis assortis d'une amende de 2.000 euros et de 2.000 euros de dommages et intérêts pour chacune des victimes.

Dimanche la cour d'appel a accordé une somme de 3.000 euros de dommages et intérêts pour chacune des parties civiles, deux journalistes et une scripte qui avaient déposé plainte.

Ces femmes avaient décidé en août 2011 de rompre le silence en dénonçant les agissements de leur directeur devant la justice, avec le soutien de collègues. Elles avaient alors déposé plainte pour "harcèlement sexuel, attouchements, brimades et pressions en milieu professionnel".

Pour Soumia Salhi, responsable de l'Association de défense des droits des femmes (AEF), "les trois journalistes de la télévision amazighe ont eu un courage exceptionnel et les témoins ont aussi été exceptionnels. Les victimes ont tenu tête à un directeur qui se croyait au-dessus de toutes les lois", s'est-elle félicitée auprès du quotidien El-Watan.

M. Lamrani, 74 ans, avait dénoncé "une vengeance personnelle", alors qu'un haut responsable de la radio avait à l'époque fait état de plus d'une dizaine de cas de harcèlement.

Ce type d'abus est régulièrement dénoncé mais rarement jugé en Algérie.

bmk/sw