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06/01/2013 06:30 EST | Actualisé 08/03/2013 05:12 EST

Réforme de l'assurance-emploi : Charlevoix craint de perdre des travailleurs

Des entrepreneurs et des élus de la région de Charlevoix s'inquiètent des modifications apportées à la Loi sur l'assurance-emploi. Depuis dimanche, les règles sont plus sévères pour obtenir des prestations.

Les travailleurs saisonniers sont parmi les plus affectés par ces changements. Ils sont désormais contraints d'accepter du travail dans un rayon s'étendant jusqu'à 100 kilomètres, soit une heure de route. Ils doivent également consentir à des emplois offrant 70 % de leur salaire.

La propriétaire de l'hôtel Les voitures d'eau, à L'Isle-aux-Coudres, Claudine Pedneault, craint de ne pas revoir ses employés ce printemps.

« On est choqués et on se sent en insécurité. J'ai des employés qui travaillent depuis une vingtaine d'années. J'ai peur de les perdre si je ne peux pas leur donner de l'ouvrage à l'année. »

Claudine Pedneault se dit en colère contre Ottawa. « Ce matin, j'avais le goût de prendre mon auto et m'en aller à Ottawa. Donner les clefs de mon entreprise à Madame Finley [la ministre des Ressources humaines] et lui dire : moi je considère que vous êtes une très bonne gestionnaire parce que vous n'avez pas besoin d'aller en région pour connaître l'impact de votre loi », ironise-t-elle.

La directrice générale du Mouvement action chômage à L'Isle-aux-Coudres déplore aussi ces nouvelles mesures. « Je qualifie cette réforme de brutale. C'est la guerre qui est ouverte aux chômeurs. Vous avez reçu beaucoup de chômage? Vous allez payer pour! C'est ça que ça veut dire! », affirme Danie Harvey.

Selon elle, l'obligation pour les chômeurs d'accepter un emploi à une heure de route sera particulièrement néfaste. « 100 km c'est comme aller sur la Côte-de-Beaupré pour travailler matin et soir. Ça implique des frais supplémentaires alors ça suscite une inquiétude majeure », explique-t-elle.

Ottawa estime pouvoir économiser des millions de dollars avec sa réforme. Le gouvernement de Stephen Harper dit également vouloir aider les chômeurs à réintégrer le marché du travail plus rapidement.

La porte-parole du NPD en matière d'assurance-emploi, la députée de Charlesbourg-Haute-Saint-Charles, Anne-Marie Day, estime pour sa part que le gouvernement conservateur ne fait que reléguer le problème aux provinces, en particulier le Québec où se trouvent 40 % des travailleurs saisonniers bénéficiant de l'assurance-emploi.

« On remplace l'assurance-emploi par l'assurance du dernier recours, c'est-à-dire que les provinces vont devoir combler [le manque à gagner] des travailleurs qui n'auront aucun revenu et qui vont demander l'aide sociale. »

Le maire de Saint-Siméon, dans Charlevoix, une municipalité où 60 % de la population active occupe un emploi saisonnier, a également fait une sortie publique, plus tôt ce mois-ci, pour exprimer ses inquiétudes face aux mesures imposées par Ottawa.