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06/01/2013 08:40 EST | Actualisé 08/03/2013 05:12 EST

L'opposition refuse la "solution politique" proposée par Bachar al-Assad

La Coalition de l'opposition syrienne a rejeté dimanche la "solution politique" proposée par Bachar al-Assad lors d'un rare discours du président, refusant toute initiative prévoyant le maintien en place de son régime.

"Nous avons dit lors de la formation de la Coalition que nous souhaitions une solution politique, mais l'objectif pour les Syriens est de le sortir (du pays) et ils ont déjà perdu pour cela plus de 60.000 martyrs ", a déclaré à l'AFP son porte-parole, Walid al-Bounni joint par téléphone. "Ils n'ont pas fait tous ces sacrifices pour permettre le maintien du régime tyrannique".

M. Bounni a encore accusé M. Assad "d'écarter toute possibilité de dialogue avec les forces révolutionnaires (...) il veut dialoguer avec des interlocuteurs qu'il a choisis et refuse toute initiative reprenant les aspirations du peuple syrien et conduisant au final à son départ et au démantèlement de son régime".

Pour lui, M. Assad n'acceptera "aucune initiative qui ne garantit pas la stabilité de son régime et ne prévoit pas qu'il conserve le contrôle de la Syrie".

M. Bounni a en outre estimé que le discours de M. Assad s'adressait principalement "à la communauté internationale car il est clair qu'il y a de véritables efforts (au niveau international) pour aboutir à une solution politique reprenant les exigences du peuple syrien (qui souhaite) la fin de la tyrannie et à sa tête le régime du clan Assad".

D'autre part, "le régime n'est pas en mesure d'entrer dans des zones (tenues par les rebelles, ndlr) distantes de quelques kilomètres de Damas (...) et il envoie un message" avec ce discours à ses partisans "qui souffrent désormais", selon M. Bounni, car ils redoutent la chute proche du régime.

Dans un communiqué, la Coalition a ensuite estimé que ce discours, prononcé "au moment même où ses milices commettent des massacres contre des civils", "confirme l'incompétence de Bachar al-Assad" et montre qu'il est "incapable d'initier une solution politique" assurant "une sortie avec un minimum de pertes à son régime".

Et cela, "parce qu'il ne s'imagine pas (...) autrement qu'au pouvoir, même s'il est rejeté par son peuple et ses alliés traditionnels".

La principale composante de la Coalition, le Conseil national syrien (CNS), a estimé dans un communiqué que "le président du régime syrien a répondu aux initiatives internationales par un refus catégorique", dénonçant un "discours coupé de la réalité" au vu des "défaites essuyées par ses troupes".

"Le peuple syrien, l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles), le mouvement révolutionnaire et les forces civiles répondront en resserrant encore plus les rangs et en libérant le territoire syrien toujours occupé (...) jusqu'à l'effondrement total du régime", a ajouté le CNS.

De leur côté, les Frères musulmans syriens, importante force d'opposition, ont estimé dans un communiqué que ce plan ne représentait "rien", qualifiant le dirigeant de "criminel de guerre devant être jugé".

Dans son premier discours public en sept mois, M. Assad a appelé à un "dialogue national" pour sortir de 21 mois de conflit, pour lequel il a affirmé ne pas avoir trouvé jusqu'à présent de "partenaire", refusant de négocier avec "des gangs qui prennent leurs ordres de l'étranger".

La Coalition a de son côté posé comme condition sine qua non à tout dialogue le départ du chef d'Etat contesté depuis près de deux ans.

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