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06/01/2013 04:07 EST | Actualisé 07/03/2013 05:12 EST

Iran: le Parlement veut une action judiciaire après la mort d'un blogueur

Le Parlement iranien a réclamé dimanche une "action judiciaire" contre plusieurs policiers responsables en novembre de la mort en détention du blogueur Sattar Beheshti, dans un rapport officiel confirmant que cette mort était due à des violences.

"Il est indispensable que les organes compétents, en particulier la justice, agissent contre ces incidents graves (...), que les responsables soient identifiés et qu'il y ait une action judiciaire contre eux", estime le rapport du Majlis, lu dimanche en séance devant les députés.

Arrêté le 30 octobre pour avoir critiqué le régime iranien, M. Beheshti, 35 ans, avait été retrouvé mort dans sa cellule le 3 novembre, d'après la justice.

Le rapport du Parlement précise que sept membres de la "cyber-police" sont poursuivis pour avoir eu "à l'égard de l'accusé un comportement contraire à la loi et aux règles islamiques", et que trois sont actuellement en détention.

"La cause principale ayant entraîné la mort (de M. Beheshti) pourrait être un choc provoqué par des coups sur des parties sensibles du corps, si cela est prouvé, ou par des pressions psychologiques", affirme le texte.

Cette conclusion reprend largement celle de l'enquête judiciaire ouverte après le décès du blogueur, qui avait provoqué une vague de condamnations internationales mais aussi de vives critiques au sein du régime contre la "cyber-police", dont le chef a été limogé depuis.

Cette police spéciale a été créée début 2011 pour contrôler l'internet et y faire en particulier la chasse à tous les blogs critiquant le régime.

Dans son rapport, le Majlis demande aussi que toutes les personnes arrêtées par la police soient gardées dans des centres de détention contrôlés par l'administration pénitentiaire et que tous les centres soient "équipés de caméras pour éviter des actions incontrôlées de policiers".

Selon Amnesty International, M. Beheshti est mort des suites de tortures subies après s'être plaint des sévices dont il avait été victime de la part de ses geôliers. Ce décès a été vigoureusement condamné par des pays occidentaux et des experts de l'ONU, qui ont demandé à l'Iran de faire toute la lumière sur cette affaire.

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