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06/01/2013 10:48 EST | Actualisé 08/03/2013 05:12 EST

Al-Assad propose une "solution politique", aussitôt rejetée par l'opposition

AFP

DAMAS, 6 jan 2013 (AFP) - Le président syrien Bachar al-Assad a proposé dimanche un plan "politique" impliquant son maintien au pouvoir, une solution aussitôt rejetée par l'opposition exigeant son départ comme préalable à toute solution au conflit sanglant qui déchire le pays depuis 21 mois.

Dans sa première allocution en sept mois, M. Assad s'est montré inflexible, assurant encore une fois que le conflit qui a fait, selon l'ONU, plus de 60.000 morts, n'opposait pas le pouvoir et l'opposition mais "la patrie et ses ennemis" qui souhaitent sa partition.

Première capitale à réagir, Londres a estimé que le discours de M. Assad allait "au-delà de l'hypocrisie".

Depuis qu'a éclaté en mars 2011 une révolte populaire devenue guerre civile, Damas affirme combattre des "terroristes" armés et financés par l'étranger.

Devant un parterre de partisans réunis à la maison de la culture et des arts et scandant "Par notre âme et par notre sang, nous nous sacrifierons pour toi", M. Assad a appelé au dialogue.

Affirmant ne pas avoir trouvé jusqu'à présent de "partenaire" pour cela et refusant de négocier avec "des gangs qui prennent leurs ordres de l'étranger", il a proposé un plan en trois étapes.

Mais avant tout dialogue, les pays finançant les "terroristes" devront "s'engager à arrêter" et "les hommes armés" devront mettre fin à leurs "opérations terroristes", a-t-il précisé, dénonçant "un état de guerre dans tous les sens du terme".

Ce n'est qu'une fois ces engagements pris, que l'armée cessera immédiatement ses opérations, "tout en conservant le droit de répliquer", a-t-il ajouté.

Dans ces conditions seulement s'ouvrira "une conférence de dialogue national", a-t-il poursuivi. Cette conférence devra rédiger une "Charte nationale" qui sera soumise à référendum, tandis qu'un nouveau Parlement et un nouveau gouvernement émergeront des urnes.

Toute transition doit "se faire selon les termes de la Constitution", a-t-il insisté, en faisant référence à des élections.

Samedi le quotidien libanais pro-syrien Al-Akhbar affirmait que M. Assad voulait présenter un plan de sortie de crise stipulant qu'il pouvait être candidat à sa propre succession en 2014.

Mais l'opposition a aussitôt rejeté ce plan, dont aucune échéance n'est précisée, accusant le chef d'Etat de vouloir choisir ses interlocuteurs et de chercher à se maintenir au pouvoir.

Le porte-parole de la Coalition de l'opposition, Walid al-Bounni, a affirmé, joint par téléphone par l'AFP à Beyrouth, que l'opposition souhaitait "une solution politique, mais l'objectif pour les Syriens est de sortir (M. Assad) et ils ont déjà perdu pour cela plus de 60.000 martyrs (...) ils n'ont pas fait tous ces sacrifices pour permettre le maintien du régime tyrannique".

Sur Twitter le chef de la diplomatie britannique, William Hague, a estimé que le président "est responsable des morts, de la violence et de l'oppression qui engloutissent la Syrie et ses vaines promesses de réformes ne trompent personne". Plus tôt, le Premier ministre britannique David Cameron avait appelé M. Assad à quitter ses fonctions: "+Partez+: voilà mon message à Assad".

Berlin a regretté que son discours n'exprime "aucune nouvelle prise de conscience", dénonçant un "ton martial" et attendant de M. Assad qu'il "s'engage enfin à faire cesser les violences de ses troupes" avant d'évoquer de "vagues dispositions à un cessez-le-feu".

Sur le terrain, au moins 19 personnes ont trouvé la mort, dont 13 civils, selon un bilan provisoire de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

M. Assad avait prononcé son dernier discours public le 3 juin devant le Parlement, et s'était depuis exprimé dans des médias turc puis russe, martelant à chaque fois que son pays faisait face "à une véritable guerre menée de l'étranger" et se posant comme un rempart contre le "terrorisme".

Son discours intervient alors que le ballet diplomatique semble s'intensifier depuis quelques semaines. Après une visite fin décembre à Damas, l'émissaire international Lakhdar Brahimi, avait évoqué un plan prévoyant un cessez-le-feu, la formation d'un gouvernement aux pleins pouvoirs et des élections.

Et plusieurs rencontres ont eu lieu entre la Russie, grand allié du régime de Damas, et les Etats-Unis, qui réclament un départ d'Assad.

Ryad et Le Caire, deux poids-lourds du monde arabe hostiles au régime Assad, ont appelé à "une issue pacifique" dont les termes doivent être définis par les Syriens eux-mêmes. Le chef de la diplomatie d'Iran, allié de Damas, se rend le 9 janvier au Caire pour voir les Egyptiens et M. Brahimi.