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06/01/2013 06:18 EST | Actualisé 08/03/2013 05:12 EST

Bachar el-Assad propose un plan de paix, mais demeure ferme

BEYROUTH - Bachar el-Assad a présenté dimanche les grandes lignes d'une feuille de route visant à mettre fin à près de 22 mois de violences en Syrie, mais il a également adopté un ton défiant en exhortant ses concitoyens à s'unir contre les «criminels assassins» qui, selon lui, font partie d'un vaste complot étranger dont l'objectif est de briser la nation syrienne.

L'air détendu et confiant pendant ce discours à la nation d'une durée d'environ 60 minutes, le controversé président a ignoré les appels internationaux exigeant son départ et s'est dit prêt à entamer un dialogue avec «ceux qui n'ont pas trahi la Syrie».

Il a évoqué la mise en oeuvre d'un plan de paix incluant la tenue d'une conférence sur la réconciliation nationale et la signature d'une nouvelle constitution.

Le président syrien a cependant prévenu que cette initiative pourrait seulement être mise en oeuvre si l'Occident et les pays de la région cessent de financer ceux qui se battent pour le renverser, qu'il a qualifiés de militants extrémistes.

Or, l'administration du président américain Barack Obama a réagi en rejetant la proposition du leader syrien, tard dimanche après-midi. Selon Victoria Nuland, porte-parole du département d'État, le plan de Bachar el-Assad «est détaché de la réalité et permettrait au régime en place de poursuivre son oppression du peuple syrien».

Le plan de paix mis de l'avant par Bachar el-Assad devrait aussi être rejeté par les forces de l'opposition et les rebelles, qui ont demandé à répétition sa démission et exclu tout scénario impliquant son maintien au pouvoir.

Devant un parterre de ses partisans réunis à l'opéra du centre-ville de Damas, le président a déclaré que la Syrie était en guerre et qu'elle combattait «une agression étrangère plus dangereuse que toutes les autres», puisque celle-ci instrumentalise les citoyens en les amenant à s'«entretuer».

«C'est une guerre entre la nation et ses ennemis, entre la population et les criminels assassins», a-t-il ajouté.

Le discours de Bachar el-Assad a été ponctué de salves d'applaudissements. Il s'agissait d'une première allocution depuis le mois de juin.

Ses derniers commentaires publics remontaient à novembre. Dans une entrevue accordée à la télévision russe, il avait juré de mourir en Syrie.

Dimanche, il semblait tout aussi confiant de la capacité de ses troupes à écraser les rebelles pour défendre son règne, et ce, même si les combattants sont plus près que jamais de Damas.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a jugé que le discours du président syrien allait bien au-delà de l'«hypocrisie». Dans un message publié sur son fil Twitter officiel, M. Hague a écrit que «les promesses vides de réforme ne trompent personne».

Vêtu d'un complet, le président a pris la parole devant un montage de photographies qui semblaient être celles de Syriens ayant perdu la vie depuis mars 2011. À la fin de son discours, alors qu'il quittait la salle, un groupe de loyalistes lui a crié: «Avec notre sang et nos âmes, nous te rachèterons, Bachar».

Comme il l'avait fait lors de ses prises de parole précédentes, Bachar el-Assad a fait valoir que ses troupes se battaient contre des «criminels assassins» et des groupes djihadistes. Il a également nié qu'un soulèvement s'opérait contre le règne sans partage qu'exerce sa famille sur la Syrie depuis des décennies.

Il a insisté sur la présence d'extrémistes religieux et de combattants djihadistes dans les rangs des rebelles, affirmant qu'il s'agissait de «terroristes qui font la promotion de l'idéologie d'al-Qaïda».

Le dirigeant s'est exprimé d'un ton ferme et a martelé que la Syrie n'accepterait d'ordres de personne.