NOUVELLES
05/01/2013 01:36 EST | Actualisé 07/03/2013 05:12 EST

Les premiers Patriot de l'Otan déployés en Turquie

Le déploiement des premiers missiles Patriot sol-air de l'Otan destinés à protéger la Turquie contre d'éventuelles menaces syriennes a débuté samedi près de la frontière avec la Syrie où bombardements et combats ont à nouveau fait des dizaines de morts.

"Le déploiement a commencé tôt ce matin à Incirlik (sud-est)", sur la base aérienne turque de l'Otan, a annoncé à l'AFP Peter Woodmansee, chef des opérations de déploiement de missiles du commandement de l'armée américaine en Europe.

Au lendemain de l'arrivée de militaires et d'équipements américains, "plusieurs appareils ont atterri en même temps qu'un premier détachement de la défense aérienne (3-2 Air Defense Artiller - ADA), l'unité Patriot", a-t-il précisé.

Quelque 400 soldats américains et des équipements supplémentaires seront acheminés par avion dans les prochains jours et d'autres équipements, acheminés par voie maritime, arriveront plus tard en janvier, selon le commandement de l'armée américaine en Europe basé en Allemagne.

Les Américains seront basés à Gaziantep, à 50 km de la frontière, tandis que les Allemands et les Néerlandais seront à environ 100 km de la Syrie.

"Les 23 membres de l'équipe de Gaziantep préparent le terrain avant l'installation des batteries de tir des Patriot à Gaziantep", a ajouté Peter Woodmansee, expliquant qu'il s'agissait d'installer bâtiments, logistique, communications, sécurité et d'assurer la protection des populations "dans et autour de Gaziantep".

Les Patriot ont été déployés à la demande d'Ankara à la suite d'une série de tirs d'obus syriens qui avaient provoqué la mort de cinq civils dans des localités turques proches de la frontière en octobre.

Les Patriot peuvent détruire en vol des missiles balistiques tactiques, des missiles de croisière et des avions. Leur déploiement est "purement défensif" selon Ankara et l'Otan qui a toujours exclu toute intervention dans le conflit en Syrie qui dure depuis plus de 21 mois.

Comme tous les jours, des dizaines de personnes ont péri dans les violences à travers la Syrie. Selon un bilan encore provisoire de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 57 personnes ont ainsi été tuées samedi.

A Damas, un obus a frappé Bab Touma, un quartier chrétien de la Vieille ville jusqu'ici épargné par les combats, a précisé l'ONG. Toujours à Damas, une voiture piégée a explosé sans faire de victime dans le quartier de Roukneddine (nord).

Autour de la capitale, de violents combats ont eu lieu, faisant neuf morts parmi les rebelles, a précisé l'OSDH qui s'appuie sur un large réseau de militants et de médecins à travers la Syrie.

Dans le Nord syrien, des heurts sporadiques se poursuivaient aux abords de la brigade 80 chargée de la protection de l'aéroport d'Alep, fermé en début de semaine en raison d'une multiplication des attaques insurgées.

Il s'agit du premier aéroport international fermé depuis le début en mars 2011 de la révolte contre le régime devenue guerre civile.

Dans la province de Deraa (sud), en proie aux combats et bombardements, l'OSDH a rapporté que l'armée avait mené des représailles dans le village où le neveu du général Roustom Ghazalé, qui dirige l'un des services de renseignement syriens, a été tué vendredi dans une attaque rebelle.

Les soldats ont mené des perquisitions et brûlé au moins sept maisons, avant de menacer via les haut-parleurs des mosquées de tuer des prisonniers si un cousin du général, enlevé durant l'attaque, n'était pas libéré, a précisé l'ONG.

La Syrie a basculé dans la guerre civile après qu'une révolte populaire violemment réprimée par le régime se soit militarisée. Selon l'ONU, le conflit a fait depuis mars 2011 plus de 60.000 morts.

fo-sbh/tp