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05/01/2013 07:35 EST | Actualisé 07/03/2013 05:12 EST

La Grande-Bretagne accuse un colonel népalais d'avoir torturé des prisonniers

LONDRES - Une cour britannique a refusé samedi de libérer sous caution un colonel de l'armée népalaise sous le coup d'accusations de torture. Ces actes auraient été supposément commis lors de la guerre civile qui a eu lieu dans cette nation de la région himalayenne.

Kumar Lama, âgé de 46 ans, a été arrêté jeudi dans un domicile de la ville anglaise de St. Leonards-on-Sea, à environ 115 kilomètres au sud-est de Londres. Il a plus tard été accusé d'avoir intentionnellement «infligé de fortes douleurs ou souffrances» à deux personnes en tant que responsable public, ou comme personne occupant un rôle officiel.

La police métropolitaine britannique a précisé que les accusations sont liées à un incident qui se serait produit entre le 15 avril et le 1er mai 2005, et à un autre événement ayant eu lieu entre le 15 avril et le 31 octobre de la même année à la caserne militaire de Gorusinghe, au Népal. Selon Scotland Yard, l'arrestation n'a pas été effectuée à la demande des autorités népalaises.

Les autorités britanniques affirment avoir une «juridiction universelle» en ce qui concerne les crimes graves tels que les crimes de guerre, la torture et les prises d'otages, ce qui signifie que ces crimes peuvent faire l'objet d'un procès en Grande-Bretagne, et ce sans égard à l'endroit où ils ont eu lieu.

Deux diplomates de l'ambassade népalaise ont assisté à une brève audience, samedi, a affirmé l'Association britannique de la presse, une agence de presse.

La cour a appris que Lama avait servi dans l'armée népalaise depuis 1984, et était responsable des casernes au moment des crimes présumés. Le colonel fait actuellement partie des casques bleus onusiens au Soudan du Sud; il a précédemment été envoyé en Sierra Leone et au Liban, et devait rentrer en Afrique samedi après avoir passé Noël en Angleterre.

L'affaire a provoqué des étincelles sur le plan diplomatique, le gouvernement népalais convoquant l'ambassadeur britannique à Katmandou pour protester. Le Foreign Office britannique a confirmé le tout vendredi, mais n'a pas commenté davantage.

Des milliers de personnes sont mortes, et des milliers d'autres ont été blessées ou torturées lors de la guerre civile népalaise, un conflit long d'une décennie qui a pris fin en 2006.