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05/01/2013 01:30 EST | Actualisé 07/03/2013 05:12 EST

«Idle No More»: diverses manifestations, fermeture d'un pont transfrontalier

CORNWALL, Ont. - Plusieurs centaines de manifestants sont descendus dans les rues de nombreuses villes canadiennes, samedi, alors que le mouvement «Idle No More» continuait de gagner en force et en popularité.

Des manifestants des Premières Nations ont également bloqué la principale ligne ferroviaire entre Toronto et Montréal, interrompant, dans les deux directions, la circulation des trains Via Rail desservant ces deux villes de même qu'entre Ottawa et Toronto. Selon le Canadien National, le blocus a été érigé près de Marrysville, près de Kingston.

Les quelques 1000 passagers à bord d'itinéraires touchés par le blocus ont été transportés par autocars. Via Rail a dit ignorer à quel moment le blocus, érigé vers 17 heures, serait levé et que des retards étaient à prévoir. La semaine dernière, un blocus similaire avait duré environ deux heures.

«On déploie tous les moyens nécessaires pour amener nos passagers à destination», a indiqué le chef des relations médias et des communautés chez Via Rail, Jacques C. Gagnon, en entrevue avec La Presse Canadienne.

Un tel événement engendre des coûts additionnels importants pour Via Rail, a souligné M. Gagnon, notant au passage le blocus a nécessité le déploiement de ressources de transport additionnelles et de personnel. Il n'a cependant pas précisé l'ampleur de ces coûts.

«Notre préoccupation primordiale, c'est pour les passagers. Après ça on fera les comptes», a-t-il expliqué.

M. Gagnon a aussi tenu à préciser qu'étant donné les «circonstances exceptionnelles», la politique de remboursement du transporteur ne s'appliquerait pas pour les passagers étant déjà à bord des trains retardés.

Toutefois, les personnes qui auront choisi d'annuler leur déplacement en prévision du blocus pourront, elles, obtenir une compensation.

Selon le CN, qui est propriétaire de la voie ferrée, des employés de la société ferroviaire ont aperçu des manifestants manipulant un dispositif faisant fonctionner un passage à niveau, un geste qui est illégal et qui pourrait mettre la vie de gens en danger, a rappelé Jim Feeny, porte-parole du CN.

M. Feeny a ajouté que la compagnie allait mener une enquête et déposera des accusations envers quiconque aura tenté de manipuler le système de signalisation.

Le mouvement «Idle No More», qui a débuté le mois dernier, est apparu en protestation du projet de loi fédéral omnibus C-45 qui, affirment des groupes des Premières Nations, élimine des droits garantis par traité.

Brandissant des drapeaux et transportant des pancartes, plusieurs protestataires ont marché le long de routes, d'autoroutes et de ponts, poussant la police à annoncer une série de délais et de fermetures.

Le Pont international de la voie maritime, reliant Cornwall et Akwesasne, en Ontario, à Massena, dans l'État de New York, a été fermé pendant plus de trois heures. Le sergent Marc Bissonnette, de la police municipale de Cornwall, a précisé qu'entre 100 et 150 manifestants ont marché sur le pont. Les autorités ont rapporté que la manifestation s'est déroulée de façon pacifique. Aucun incident n'a été rapporté.

Le point de passage transfrontalier entre Sarnia, en Ontario, et Port Huron, au Michigan, a également été fermé temporairement pendant quelques heures, samedi, alors que des protestataires d'«Idle No More» ont occupé l'endroit. Il a depuis été rouvert.

Une série d'autres manifestations du genre ont été prévues à travers le pays, samedi, y compris le point de passage de l'Arche de la paix à Surrey, en Colombie-Britannique, le Pont de la paix entre Fort Érié, en Ontario, et Buffalo, dans l'État de New York, ainsi que le pont entre Queenston et Lewiston à Niagara Falls.

La police a demandé aux voyageurs de prévoir leur itinéraire lors de l'utilisation de certaines autoroutes et ponts, en raison de fermetures imprévues.

Les manifestations visent également à soutenir la chef d'Attawapiskat Theresa Spence, qui a cessé de manger des aliments solides le 11 décembre, dans l'espoir d'obtenir une rencontre avec le premier ministre Stephen Harper, le gouverneur général et les autres chefs des Premières Nations.

Vendredi, M. Harper a accepté de participer à cette rencontre, mais Mme Spence s'est engagée à poursuivre sa grève de la faim jusqu'à ce que la réunion ait effectivement lieu.