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04/01/2013 01:24 EST | Actualisé 06/03/2013 05:12 EST

USA: le défi de l'emploi reste immense

L'emploi américain a connu en 2012 sa progression la plus forte en six ans mais les chiffres officiels publiés vendredi aux Etats-Unis témoignent de l'immense défi que doit encore relever Washington pour ramener le chômage à un niveau acceptable.

Le nombre des personnes employées dans le pays (hors secteur agricole) a augmenté en moyenne de 1,4% en 2012, selon des données publiées par le département du Travail. Il faut remonter à 2006 pour trouver trace d'une augmentation plus forte.

Les chiffres du ministère montrent néanmoins que depuis six mois, après le coup de mou de la croissance économique du printemps, le rythme des créations d'emplois se stabilise et ne s'améliore pas.

Cela transparaît dans l'évolution du taux de chômage officiel. Celui-ci est resté en décembre à 7,8%, son niveau le plus bas en quatre ans, mais il n'a plus baissé depuis le mois de septembre et reste encore très loin de la zone de 5,2 à 6,0% qui correspond, selon la banque centrale (Fed), au plein emploi.

Pour Nigel Gault, économiste du cabinet IHS Global Insight, l'amélioration du marché du travail continue, mais n'est toujours que "graduelle". Ses confrères de la maison de courtage Nomura estiment pour leur part que l'"on reste loin de tenir une amélioration substantielle".

Le message de la Maison Blanche, lui, ne varie pas: l'économie continue de se rétablir, mais "il reste fort à faire".

C'est évident au vu des derniers chiffres. Le pays avait regagné officiellement fin décembre 64% des quelque 11,8 millions d'emplois emportés par la dernière récession mais, selon les données du ministère, près de 8 millions d'actifs restent contraints de travailler à temps partiel faute de pouvoir trouver un emploi à plein temps comme ils le souhaiteraient.

Si la situation s'améliore globalement pour les personnes qui ont perdu leur emploi, dans la mesure où il leur est plus facile d'en retrouver un, comme en témoignent les dernières enquêtes sur le moral des ménages, les effets de la crise touchent toujours de plein fouet les jeunes gens: le taux de chômage des "nouveaux entrants" sur le marché du travail reste le double de ce qu'il était avant la récession.

D'autre part, le pays comptait en décembre officiellement 12,2 millions de chômeurs officiellement recensés comme tels, mais plusieurs millions de chômeurs restent exclus de ce décompte.

Dans la réalité, ces chiffres se traduisent par une hausse de la précarité aux Etats-Unis, à laquelle les pouvoirs publics ne semblent que très partiellement en mesure de répondre.

A deux semaines du début du second mandat du président Barack Obama, l'action politique souffre toujours de la paralysie d'une cohabitation qui ne fonctionne plus entre la Maison Blanche et le Congrès, comme en témoigne l'accord obtenu le 1er janvier pour permettre au pays d'éviter une cure de rigueur budgétaire qui aurait fait replonger le pays dans la récession.

Compromis de dernière minute pour éviter l'irréparable, le texte de loi ratifié par M. Obama repousse à plus tard les décisions difficiles relatives au moyen de maîtriser la dette colossale de l'Etat fédéral, ce qui prolonge l'incertitude pour les entreprises et risque donc d'entraver leurs projets d'embauches et d'investissements.

"Trop d'Américains sont au chômage et la dette de l'Etat fédéral est trop élevé", a affirmé vendredi le républicain John Boehner, président de la Chambre des représentants, "cette année est celle où nous devrons travailler ensemble pour résoudre ces problèmes".

Mais depuis deux ans la volonté proclamée des deux camps de s'entendre sur les grandes questions économiques n'a jamais véritablement abouti.

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