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04/01/2013 04:58 EST | Actualisé 06/03/2013 05:12 EST

USA: l'adoption d'un enfant né d'un père Cherokee devant la Cour suprême

La Cour suprême des Etats-Unis s'est saisie vendredi du cas de parents adoptifs américains qui avaient dû rendre leur fillette deux ans après l'avoir légalement adoptée, en raison de l'origine biologique de l'enfant née d'un père cherokee.

C'est "le coeur gros" que la Cour suprême de Caroline du Sud (sud-est) avait ordonné le 26 juillet 2012 que la petite fille, née d'une mère célibataire non amérindienne, soit rendue à son père biologique, qui avait renoncé à ses droits pendant la grossesse mais en avait réclamé la garde après l'adoption.

La haute Cour de Caroline du Sud, où les parents adoptifs résident, avait alors estimé que la loi fédérale de protection de l'enfance amérindienne primait sur celle de l'Etat qui avait légalisé l'adoption.

Mais, ont protesté les parents adoptifs dans leur recours devant la plus haute juridiction du pays, la loi fédérale de 1978 -- dite ICWA, pour Indian Child Welfare Act -- ne s'applique pas dans 11 autres Etats américains où sont implantés des tribus indiennes, et le jugement aurait donc été tout autre si l'adoption avait eu lieu ailleurs.

Cette décision, qualifiée de "tragédie humaine" par les juges qui ont voté contre, "refroidira tout couple candidat à l'adoption d'un enfant d'origine indienne", ont ajouté les plaignants, en demandant à la Cour suprême de faire une lecture "claire et nécessaire" de la loi fédérale.

Le couple adoptif, qui avait auparavant tenté sept fécondations in vitro infructueuses à Charleston, en Caroline du Sud, avait financé une partie des frais médicaux de fin de grossesse, rencontré la mère avant la naissance de l'enfant en Oklahoma (sud), assisté à l'accouchement le 15 septembre 2009, le père adoptif ayant même coupé le cordon ombilical. Le couple était ensuite rentré en Caroline du Sud avec le bébé de huit jours.

Sur une plainte du père biologique et de la Nation Cherokee, un tribunal familial avait annulé l'adoption le 28 décembre 2011 et ordonné que la garde soit accordée à celui qui avait prouvé sa paternité par des tests ADN préalables.

La Cour suprême américaine examinera en mars le recours du couple adoptif alors que l'enfant a maintenant 3 ans, et rendra sa décision avant la fin de sa session en juin.

chv/lor