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04/01/2013 02:02 EST | Actualisé 06/03/2013 05:12 EST

Tunisie: peine alourdie en appel pour un ex-conseiller du président Marzouki

La cour d'appel militaire a condamné vendredi Ayoub Messoudi, ex-conseiller du président tunisien Moncef Marzouki, à un an de prison avec sursis pour "dénigrement" de l'armée, a annoncé vendredi à l'AFP son avocate, Leïla Haddad.

Poursuivi pour "dénigrement" de l'armée et "atteinte à de hauts responsables de l'institution militaire", M. Messoudi avait été condamné en première instance à quatre mois de prison avec sursis.

Le jugement de vendredi a été assorti d'une interdiction de port d'arme et de privation de toute distinction d'honneur et d'embauche dans la fonction publique, a ajouté l'avocate, dénonçant "un procès politique pour un enfant de la révolution".

Ayoub Messoudi, 33 ans, avait été mis en examen à la suite d'une plainte du chef d'état-major des armées, Rachid Ammar, et du ministre de la Défense Abdelkarim Zbidi.

Lors d'une émission télévisée le 15 juillet 2012, M. Messoudi avait accusé le général Ammar et M. Zbidi de "trahison d'Etat", leur reprochant de ne pas avoir pas informé le président Marzouki, pourtant chef des armées, de l'extradition vers la Libye de l'ex-Premier ministre libyen al-Baghdadi al-Mahmoudi.

Objet de crise au sommet de l'Etat, cette extradition avait été décidée par le Premier ministre islamiste Hamadi Jebali malgré l'opposition de M. Marzouki qui craignait un éventuel mauvais traitement pour l'ex-dignitaire libyen au retour dans son pays.

Lors de l'audience de vendredi, l'avocat des plaignants, Anas Mnasser, a plaidé la gravité des critiques formulées par M. Messoudi en sa qualité de "fonctionnaire de l'Etat soumis à l'obligation de réserve", selon une journaliste de l'AFP.

"Dans ce procès inéquitable, la justice militaire est à la fois juge et partie", a dit Me Anouar Basti, un avocat de la défense, alors que son client se dit victime d'une "vengeance politique" pour avoir exprimé librement son opinion.

M. Messoudi s'était plaint récemment d'avoir été interdit de se rendre auprès de sa famille en France malgré la levée d'une interdiction de voyage, dénonçant des pressions pour le faire revenir sur ses propos.

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