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04/01/2013 04:34 EST | Actualisé 05/03/2013 05:12 EST

Dans Alep dévastée par les combats, la vie reprend doucement son cours

Des bancs du parc de Hawas, à Alep, il ne reste que les squelettes métalliques, témoins de la lutte quotidienne de milliers d'habitants pour se chauffer, mais doucement la vie reprend son cours dans la métropole du nord syrien dévastée par des mois de combats.

"Ce bois nous aide à chauffer la maison, sans cela nous pourrions mourir de froid", dit Ali, 14 ans, qui avec trois de ses frères s'évertue à couper un acacia.

Après avoir désossé tous les bancs, les Alépins se sont attaqués aux arbres et arbustes.

A 300 livres syriennes (4,22 dollars) le litre, le fuel de chauffage est inabordable pour la plupart des habitants de cette ville qui a connu un pic de violences de juillet à octobre, quand de très violents affrontements entre rebelles et forces du régime de Bachar al-Assad ont dévasté de nombreux quartiers.

"Avant la guerre nous venions nous promener dans ce parc, maintenant nous venons y couper du bois", explique Abou Mahmoud, 45 ans, père de huit enfants.

En septembre et en octobre le quartier de Tariq al-Bab (est) a été la cible de l'artillerie du régime. Aujourd'hui, les rues grouillent de passants. Les marchés, restaurants et magasins ont rouvert.

"J'avais besoin d'argent pour nourrir ma famille", explique Omar qui a rouvert il y a un mois sa boutique de téléphonie mobile.

En octobre, les bombardements l'avaient fait fuir en Turquie mais la situation invivable dans les camps de réfugiés et un très relatif retour au calme à Alep l'ont décidé à rentrer, comme nombre de ses voisins.

Juste en face de son échoppe, Abou Mohammed, 68 ans, a remonté son stand de fruits et légumes, détruit par un bombardement en octobre.

Tous les jours, il va s'approvisionner dans un des quartiers tenus par le régime. Il dit gagner environ 500 livres syriennes par jour (sept dollars), soit cinq fois moins qu'avant.

Un peu plus loin, Salwa arrête une voiture des rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL), qui contrôlent désormais cette zone, pour demander l'aumône.

Les soldats lui offrent du pain. Elle accepte avec un sourire.

"Nous n'avons pas d'électricité, pas d'eau courante, pas de fuel pour les poêles, il est pratiquement impossible de trouver du travail, et nous sommes obligés de vivre de la charité des combattants qui nous donnent de la nourriture", ajoute-t-elle.

Les hommes de l'ASL distribuent de la nourriture dans la plupart des quartiers d'Alep qu'ils tiennent.

A Seif al-Dawla (ouest), des centaines d'enfants équipés de cruches et de bidons se bousculent autour d'un camion d'eau potable acheminé par les rebelles.

"La situation (...) n'est pas idyllique bien sûr, mais les bombardements ont baissé d'intensité car les combats se déroulent maintenant à la périphérie de la ville", indique Mohammed, instituteur dans une des écoles mises en place par les rebelles dans le quartier de Boustane al-Qasr (sud).

Les vendeurs ambulants sont de retour dans les rues, une délicieuse odeur de de brochettes flotte dans l'air. La rue al-Fardous respire la vie.

Mais malgré l'accalmie, les obus continuent de tomber. Le 30 décembre, quatre personnes ont été tuées dans le quartier d'Al-Maïssar (est), pourtant épargné depuis un mois.

A As-Soukkari (sud), "les bombardements ont diminué et les gens ont moins peur", explique Mohammed Koudeymati qui tient un magasin de vêtements importés de Turquie. Les usines de confection d'Alep, qui était le poumon économique du pays avant le début en mars 2011 d'une révolte qui s'est transformée en guerre civile, ont fermé leurs portes.

Quand la nuit tombe, les bougies et générateurs s'allument. L'électricité à Alep n'est plus qu'un vieux souvenir.

"La guerre nous a tout pris", se plaint Ahmed, en achetant de la nourriture au marché.

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