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04/01/2013 08:04 EST | Actualisé 06/03/2013 05:12 EST

Damas accuse d'impartialité l'ONU qui a qualifié le conflit de communautaire

Damas a jugé "partial" le rapport de l'ONU qualifiant d'"ouvertement intercommunautaire" le conflit syrien, estimant que ses experts avaient suivi "les orientations politiques" de pays "impliqués" dans la crise syrienne, a rapporté vendredi l'agence officielle Sana.

Accusant le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU de "manque de professionnalisme", le ministère des Affaires étrangères fait en outre porter à des parties étrangères la responsabilité de la confessionalisation du conflit, dans une lettre adressée aux Nations unies et reproduite par Sana.

Alors que la Commission d'experts créée en août 2011 par le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU n'a jamais reçu le feu vert de Damas pour se rendre sur place, le ministère assure que les autorités "se sont tenues à (leur) disposition à plusieurs reprises pour leur permettre de prouver leur objectivité".

"Malheureusement la Commission a raté toutes ces occasions", déplore la diplomatie syrienne.

Regrettant que les experts aient estimé que des "communautés entières" étaient désormais menacées, Damas, qui affirme lutter contre des "groupes terroristes" armés et financés par l'étranger, a fait valoir la coexistence historique entre les nombreuses communautés dans le pays. Les sunnites sont majoritaires, et le clan Assad au pouvoir est alaouite, une émanation du chiisme.

Le ministère s'étonne encore que"la Commission ne cherche pas à enquêter sur les fatwas émises par certains radicaux de nationalités étrangères" appelant au "meurtre" de composantes de la société syrienne.

La Syrie a basculé dans la guerre civile après que la révolte populaire lancée en mars 2011 et violemment réprimée par le régime se fut militarisée. Les combats opposent désormais les soldats à des déserteurs aidés par des civils ayant pris les armes, mais aussi des jihadistes venus de l'étranger.

Selon l'ONU, le conflit en Syrie a fait en 21 mois plus de 60.000 morts.

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