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04/01/2013 09:12 EST | Actualisé 06/03/2013 05:12 EST

Ansar Dine réclame l'autonomie du nord du Mali

Nouveau rebondissement dans la crise malienne. Le groupe islamiste Ansar Dine, l'un des deux groupes armés qui participent aux négociations avec le gouvernement malien, pose ses conditions pour poursuivre les pourparlers prévus le 10 janvier.

Ansar Dine réclame désormais l'autonomie du nord du pays, où il veut appliquer la loi islamique.

Le 1er janvier, le groupe islamiste a remis une plateforme politique au président burkinabé, Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne, dans laquelle il prône la défense de l'identité touareg et l'application de la loi islamique.

Dans ce document de 17 pages, le mouvement dirigé par Iyad Ag Ghaly critique sévèrement les régimes maliens qui, selon lui, ont traité les habitants du nord du pays comme des « citoyens de seconde zone ».

Ansar Dine précise toutefois que l'autonomie du nord du Mali se fera dans le cadre d'un État malien qui proclamerait dans sa constitution son « caractère islamique ». La justification de cette exigence est, selon lui, que « le peuple malien est musulman à 95 % ».

Pour ce mouvement, l'application de la loi islamique est « un impératif non négociable ». Cependant, il promet de tenir compte de « l'air du temps » dans l'application de certaines dispositions de cette loi.

Nouveau rendez-vous à Ouagadougou

Après les premières discussions directes qui ont eu lieu le 4 décembre, Ansar Dine, le Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA, mouvement indépendantiste touareg laïc) et le gouvernement malien doivent se rencontrer le 10 janvier dans la capitale du Burkina Faso.

Sous la pression du Burkina Faso et de l'Algérie, les deux pays médiateurs, Ansar Dine avait annoncé fin 2012 renoncer à appliquer la loi islamique dans tout le Mali, mais seulement dans ses zones d'influence. Il avait également pris ses distances avec Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) et le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO) en rejetant le « terrorisme », et s'était dit disposé au dialogue avec Bamako.

Iyad Ag Ghaly avait annoncé jeudi que son groupe retirait son offre de cessation des hostilités, en accusant le pouvoir malien de ne pas être prêt au dialogue.