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03/01/2013 07:15 EST | Actualisé 05/03/2013 05:12 EST

Tunis demande à Ankara l'arrestation d'une figure notoire du régime Ben Ali

Les autorités tunisiennes ont demandé au gouvernement turc l'arrestation et l'extradition de Saïda Agrebi, figure emblématique du régime du président déchu Ben Ali et faisant l'objet d'un mandat d'arrêt international, a annoncé le ministère des Affaires étrangères.

"La Tunisie a demandé via son ambassadeur à Ankara, Mehrez Ben Rhouma, l'arrestation et l'extradition de Saïda Agrebi sur la base d'un mandat d'amener transmis mercredi par Interpol Tunis à Interpol Ankara", a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Selon le communiqué, les autorités tunisiennes ont demandé au gouvernement turc de "prendre les mesures légales nécessaires pour appliquer un mandat d'arrêt international" émis par la justice tunisienne contre Saïda Agrebi mi-août 2011.

Mme Agrebi, dont la présence en Turquie a été révélée par les médias tunisiens, participait mercredi et jeudi à une réunion internationale dans la capitale turque.

La presse tunisienne a publié jeudi des images de Mme Agrebi recevant un prix ou en photo de groupe avec le chef du gouvernement turc Recep Tayyip Erdogan, en marge de la réunion où elle était invitée en tant que vice-président de l'organisation mondiale de la famille.

Sur sa page Facebook, Saïda Agrebi a nargué les autorités tunisiennes en offrant son prix à la Tunisie, en se disant "reconnue par le monde entier! Exclue de son pays!".

Figure emblématique du régime de Zine El Abidine Ben Ali et bras droit de son épouse Leïla Trabelsi, Mme Agrebi a fui la Tunisie le 30 juillet pour s'installer en Europe.

Elle s'était fait connaître par ses campagnes de propagande folklorique en faveur du régime sous couvert d'oeuvre caritative au sein de "l'association des mères de Tunisie" qu'elle présidait.

Dès la chute de Ben Ali le 14 janvier 2011, elle a tenté de prendre un vol pour Nantes (France) en se faisant passer pour invalide avant de réussir à s'enfuir finalement le 30 juillet, provoquant une levée de bouclier dans le pays.

Une plainte pour corruption a été déposée à son encontre et un mandat d'arrêt international a été émis par un juge d'instruction de Tunis le 15 août 2011.

La Tunisie peine à obtenir l'expulsion des proches et partisans de l'ex-président tunisien, réfugié lui-même avec son épouse Leïla Trabelsi, en Arabie saoudite depuis leur fuite le 14 janvier 2011, ce pays faisant la sourde oreille aux demandes tunisiennes.

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