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03/01/2013 09:36 EST | Actualisé 05/03/2013 05:12 EST

Tensions entre les Frères musulmans d'Egypte et les Emirats

Les relations entre les Emirats arabes unis et le Caire, déjà tendues depuis l'arrivée au pouvoir d'un président égyptien issu des Frères musulmans, se sont encore détériorées après l'annonce de l'arrestation dans les Emirats d'un groupe lié à la confrérie.

Le quotidien émirati Al-Khaleej avait annoncé mardi le démantèlement par les services de sécurité des Emirats arabes unis d'une cellule des Frères musulmans qui recrutait des Egyptiens dans ce pays.

Le porte-parole de la confrérie, Mahmoud Ghozlan, a dénoncé jeudi auprès de l'AFP une "campagne injuste" contre ses compatriotes aux Emirats, affirmant que les accusations à leur encontre n'avaient "aucun fondement".

Le Sénat égyptien a de son côté formé une commission d'enquête chargée de suivre l'affaire. Le comité aura pour tâche d'"oeuvrer pour la libération des médecins égyptiens aux Emirats et d'enquêter sur les circonstances de l'arrestation" de ces personnes, pour la plupart des médecins et des ingénieurs selon la presse égyptienne.

Selon le quotidien Al-Khaleej, plus de 10 personnes "appartenant au réseau et liées à la direction des Frères musulmans en Egypte" ont été arrêtées.

Elles dirigeaient une "organisation qui tenait des réunions secrètes aux Emirats" et "recrutait des expatriés égyptiens".

Elles ont aussi "collecté d'importantes sommes d'argent qu'elles ont envoyées illégalement à l'organisation mère en Egypte", poursuit le journal, affirmant que le réseau avait en outre recueilli des informations classées secrètes liées à la défense.

Le réseau aurait également tenu des "réunions secrètes" avec les Frères musulmans égyptiens, selon Al-Khaleej, et ces derniers "ont offert des cours et des conférences au réseau sur les moyens de changer les régimes dans les pays arabes".

Face à ces accusations, les autorités du Caire sont restées prudentes, le ministère des Affaires étrangères évoquant des "efforts" en cours sur l'affaire des arrestations, mais sans fournir plus de détails.

Un conseiller du président Mohamed Morsi, Essam el-Haddad, a été dépêché à Dubaï.

Accompagné du chef des services de renseignement égyptiens Mohamed Chahata, l'émissaire égyptien a rencontré le vice-président et Premier ministre, cheikh Mohammad ben Rached Al-Maktoum, à qui il a transmis une lettre de M. Morsi destinée au président émirati, cheikh Khalifa ben Zayed Al-Nahyane, selon l'agence officielle émiratie Wam.

Les Emirats, l'un des pays les plus riches du monde, ont été épargnés par la vague de contestation populaire qui a éclaté dans le monde arabe fin 2010.

Mais au cours de l'année dernière, les autorités ont annoncé le démantèlement de plusieurs cellules islamistes en affirmant qu'elles complotaient contre la sécurité du pays.

Et en mars, le chef de la police de Dubaï, Dhahi Khalfane, avait ouvertement accusé les Frères musulmans de comploter pour renverser les monarchies arabes du Golfe.

Les relations avec l'Egypte sont tendues depuis l'arrivée au pouvoir en juin du président Morsi, issu des Frères musulmans.

Le ministère égyptien des Affaires étrangères avait ainsi convoqué fin juin l'ambassadeur des Emirats au Caire suite à de nouvelles critiques du chef de la police de Dubaï, qui avait présenté ses "condoléances" aux Arabes et aux musulmans après la victoire de M. Morsi à la présidentielle.

"Condoléances à la nation arabe et musulmane après la victoire des Frères musulmans car ils ne représentent en rien l'islam, ils ont utilisé la religion et ne l'ont pas servie", avait indiqué sur son compte Twitter le général, connu pour être hostile aux islamistes.

"La révolution a été faite par les jeunes et les Frères en ont cueilli les fruits", avait-il ajouté, accusant la confrérie d'avoir "confisqué" la révolte populaire en Egypte qui a renversé Hosni Moubarak en janvier 2011.

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