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03/01/2013 10:58 EST | Actualisé 05/03/2013 05:12 EST

Irak: manifestations de sunnites, mais aussi de chiites, contre Maliki

Des milliers de protestataires ont continué à manifester jeudi dans des régions à majorité sunnite en Irak, contre le Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, et pour la libération de prisonniers, des protestations auxquelles se sont joints des chiites.

Dans une tentative d'appaisement, un porte-parole de la justice a annoncé la libération de onze prisonnières, après que M. Maliki a affirmé mardi que 700 détenues allaient être relâchées.

La libération de prisonniers constitue l'une des principales revendications des manifestants qui accusent les autorités, dominées par les chiites, d'avoir recours à la législation antiterroriste pour viser la minorité sunnite.

Comme c'est le cas depuis le début de la mobilisation le 23 décembre, les plus grands rassemblements ont eu lieu à Ramadi, dans la province d'Anbar (ouest), où les protestataires continuent de bloquer une autoroute reliant Bagdad à la Jordanie et la Syrie.

Les manifestants brandissaient des banderoles sur lesquelles on pouvait lire "Etat de Non droit", en référence au bloc politique de M. Maliki, "Etat de droit".

Ce mouvement de protestation fait suite à l'arrestation pour "terrorisme" le 20 décembre d'au moins neuf gardes du ministre des Finances Rifaa al-Issawi, un sunnite souvent critiqué par ses collègues chiites du gouvernement.

Signe que le mécontentement vis-à-vis du gouvernement dépasse les frontières confessionnelles, des centaines de chiites de Bagdad et de provinces au sud de la capitale se sont joints aux manifestants, quelques jours après que Moqtada al-Sadr, un puissant chef chiite dont le mouvement compte 40 députés et cinq ministres, a apporté son soutien aux protestations.

"Cette manifestation est bien accueillie par tous les Irakiens. Elle n'est pas sectaire", a déclaré Ahmed Ali Hussein, un professeur de l'université de Kerbala, ville sainte chiite au sud de Bagdad.

"Nous sommes tellement contents de voir que nos frères chiites nous soutiennent", a déclaré pour sa part Joumaa Nasser al-Ani, imam d'une mosquée de Ramadi.

Des manifestations ont eu lieu également dans les provinces de Ninive et Salaheddine, au nord de Bagdad, où des milliers de personnes ont également appelé à la démission de M. Maliki.

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