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03/01/2013 02:28 EST | Actualisé 05/03/2013 05:12 EST

Canada: le chef des Amérindiens demande à Harper de sortir de son mutisme

Le chef des Amérindiens du Canada, Shawn Atleo, a appelé jeudi le Premier ministre Stephen Harper et le représentant de la Couronne britannique David Johnston à sortir de leur mutisme et engager le dialogue, alors qu'un mouvement de contestation indigène continue à enfler.

Avec le mouvement Idle No More (Nous ne sommes plus passifs) et la grève de la faim menée depuis plus de trois semaines par une responsable amérindienne, "les Premières Nations de tout le pays ont fait part de leur inquiétude et de leur frustration à l'égard d'un système en panne qui ne répond plus aux disparités entre elles et le reste du Canada", a déclaré M. Atleo dans un communiqué.

M. Harper et M. Johnston --qui représente la Reine Elizabeth II, chef d'Etat du Canada-- ont ainsi été invités il y a deux jours à participer le 24 janvier à une grande conférence rassemblant les principaux leaders autochtones du pays.

"Nous répondrons au chef Atleo au moment approprié. Le gouvernement demeure disposé à travailler avec les dirigeants des Premières Nations pour obtenir de meilleurs résultats pour les communautés autochtones", a indiqué un porte-parole du gouvernement, Carl Vallée, dans un courriel à l'AFP.

"Il n'y a aucune excuse pour l'inaction", a déploré M. Atleo, chef de l'Assemblée des Premières Nations du Canada, qui représente 1,2 million d'Amérindiens, Métis et Inuits. "Nous devons voir des engagements concrets."

Depuis un mois, les autochtones du Canada dénoncent leurs conditions de vie via des manifestations et des interruptions du trafic ferroviaire.

Mais c'est surtout la grève de la faim entamée le 11 décembre, devant le Parlement fédéral d'Ottawa, par la chef amérindienne Theresa Spence qui a cristallisé l'attention de certains dirigeants politiques et des médias. Mme Spence a conditionné la fin de son jeûne à un entretien avec MM. Harper et Jonhston. Ce dernier a décliné tandis que M. Harper est resté silencieux.

"Il est temps pour la Couronne d'honorer sa relation et ses responsabilités avec les Premières Nations, en commençant par reconnaître nos droits conférés par les traités" signés d'égal à égal entre les colons britanniques et les Amérindiens au 18e siècle, souligne Shawn Atleo.

Les autochtones canadiens vivent majoritairement dans des réserves qui connaissent des problèmes criants de logement, de chômage et de santé publique.

sab/via/lor