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02/01/2013 06:19 EST | Actualisé 04/03/2013 05:12 EST

Un journaliste américain ayant fourni des reportages à l'AFP enlevé en Syrie

Un journaliste indépendant américain, qui a fourni ces derniers mois des reportages vidéo à l'Agence France-Presse (AFP) sur la guerre en Syrie, a été enlevé à la fin novembre dans le nord du pays, a annoncé mercredi sa famille.

James Foley, 39 ans, est un reporter de guerre très expérimenté qui a couvert les principaux conflits de ces dernières années. Jusqu'à la veille de sa disparition, il avait fourni à l'AFP des images vidéo depuis la province syrienne d'Idlib.

Selon les témoignages recueillis par l'AFP, il a été arrêté le 22 novembre près de la ville de Taftanaz par quatre hommes armés de Kalachnikov, qui ont ensuite relâché son chauffeur et son traducteur. Ses proches sont depuis cette date sans aucune nouvelle de lui.

James Foley travaille également pour GlobalPost, un site américain spécialisé dans l'information internationale, ainsi que pour de grandes chaînes américaines.

Le famille de James Foley avait demandé jusqu'ici que le silence soit gardé sur cet enlèvement, espérant que cette discrétion favoriserait les efforts en vue de sa libération. Mais, après six semaines, elle a décidé mercredi de le rendre public.

"Nous voulons que Jim revienne à la maison sain et sauf, ou au moins, nous avons besoin de lui parler pour savoir qu'il va bien", a déclaré son père, John Foley. "Jim est un journaliste sans parti pris et nous appelons à sa libération. A ceux qui détiennent Jim, s'il vous plaît, contactez-nous, et nous pourrons oeuvrer à sa libération", a-t-il ajouté.

La famille de James Foley a créé un site internet (www.freejamesfoley.org) et une page Facebook consacrés à son enlèvement (http://www.facebook.com/freejamesfoley).

Le site internet présente plusieurs photos du journaliste, lors de ses différents reportages au Proche-Orient, et souligne qu'il est maintenant détenu depuis 41 jours. Il propose aussi de joindre sa signature à un appel demandant sa libération.

Le département d'Etat américain a indiqué par la voix de sa porte-parole Victoria Nuland qu'il était au courant de l'enlèvement de James Foley, mais Mme Nuland n'a donné aucune information sur les efforts accomplis par Washington pour tenter d'obtenir sa libération.

Dans ce genre d'affaire les Etats-Unis explorent en général "différentes pistes": "Nous effectuons nos propres demandes à travers divers canaux, dont certains ont une influence directe sur le régime syrien, pour obtenir des informations", a expliqué Mme Nuland, précisant que Washington utilisait également ses "contacts avec l'opposition de manière aussi large que possible" pour tenter de récolter des renseignements.

"Il y a parfois des motivations politiques, mais ce sont parfois des motivations plus financières", a-t-elle encore dit.

En Libye, en 2011, James Foley avait déjà été détenu pendant 43 jours par le régime de Mouammar Kadhafi. Il s'y était rendu pour GlobalPost, média qui s'était fortement impliqué dans les efforts pour obtenir sa libération et qui se tient aujourd'hui aux côtés de sa famille dans cette nouvelle épreuve.

Aucune revendication n'a été diffusée concernant cet enlèvement, qui pourrait être le fait de groupes criminels, d'islamistes radicaux ou d'organisations proches du pouvoir de Damas.

Un journaliste américain de la chaîne NBC News, Richard Engel, avait été enlevé en Syrie avec toute son équipe pendant cinq jours, avant de retrouver la liberté le 18 décembre après un échange de tirs entre ses ravisseurs et un groupe rebelle. Le grand reporter américain a affirmé que lui et ses collaborateurs avaient été détenus par des hommes favorables à Bachar al-Assad.

Une grande partie du nord de la Syrie échappe pourtant désormais au contrôle des forces du régime. Ces zones sont aux mains des groupes rebelles, qu'ils fassent partie de l'Armée syrienne libre (ASL) ou qu'ils soient, pour certains, composés de combattants jihadistes parfois venus de pays étrangers.

L'AFP, solidaire de James Foley et de sa famille, s'est depuis le début mobilisée pour obtenir sa libération. "Nous sommes en relation constante avec la famille et les proches du journaliste. Par ailleurs, nous multiplions les contacts et nous prenons toutes les mesures pouvant aider à sa libération", a déclaré Emmanuel Hoog, PDG de l'AFP.

"C'est un journaliste professionnel, dont la neutralité dans ce conflit est totale. Ses ravisseurs, quels qu'ils soient, doivent le libérer immédiatement", a-t-il ajouté.

Depuis la fin mars 2012, James Foley a fourni une trentaine de reportages vidéo à l'AFP.

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