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02/01/2013 01:09 EST | Actualisé 04/03/2013 05:12 EST

«Terre promise»: la fracturation vue par Matt Damon et John Krasinski

ALLENTOWN, États-Unis - Le nouveau film «Terre promise» prendra l'affiche alors que le débat entourant la fracturation se polarise de plus en plus au sud de la frontière — alors que certains y voient une opportunité d'augmenter la production gazière aux États-Unis, d'autres sont préoccupés des conséquences sur l'environnement et la santé humaine de cette technique d'extraction controversée.

Écrit par Matt Damon et John Krasinski, qui tiennent également les rôles principaux, le long métrage tombe à point en s'intéressant aux enjeux liés à l'extraction du gaz naturel de schiste.

Mais les cinéphiles ne devraient pour autant pas s'attendre à un traitement réaliste et technique des enjeux reliés au forage et de la fracturation. Il ne s'agit pas de ce genre de film.

Certes, une authenticité se dégage du long métrage tourné en Pennsylvanie, où des milliers de puits ont été forés et où la fracturation hydraulique se poursuit à un rythme effréné, alors que les poids lourds de l'industrie procèdent à l'extraction d'incroyables quantités de gaz contenues dans une formation rocheuse appelée shale de Marcellus.

«Terre promise» ne se penche toutefois pas sur la manière dont les compagnies énergétiques s'y prennent pour extraire le gaz, mais plutôt sur l'impact qu'elles ont sur les communautés.

Le film suit Steve Butler (Matt Damon), le représentant d'une société gazière qui débarque dans une petite ville de Pennsylvanie où la situation économique est très précaire, mais qui est assise sur une importante réserve de gaz de schiste.

Sa mission: convaincre les habitants de céder leurs terres en leur promettant qu'ils feront fortune une fois que le gaz aura commencé à faire surface.

Il trouvera cependant sur son chemin un environnementaliste (John Krasinski) qui prévient ses concitoyens que le jeu n'en vaut pas la chandelle.

Le personnage de Matt Damon ne cesse de faire valoir que l'industrie du gaz de schiste a permis à bon nombre de villes de profiter d'un boom économique, se désole de la dépendance énergétique des États-Unis et martèle que la fracturation est une technique sécuritaire.

Et il semble lui-même y croire, a priori. Mais il est facile de détecter à quelle enseigne Matt Damon et John Krasinski logent.

«Si vous vous attendiez à ce que Matt Damon fasse un film pro-fracturation, vous viviez probablement dans un univers parallèle», a lancé en riant James Schamus, président et chef de la direction du studio Focus Features.

Reste que l'objectif de ce long métrage n'était pas forcément de transmettre un message politique, a assuré John Krasinski lors d'un entretien avec l'Associated Press.

«Nous voulions vraiment raconter une histoire sur l'esprit communautaire, sur les situations de ces petites villes qui sont confrontées à des problèmes économiques», a-t-il exposé.

«Terre promise» prendra l'affiche dans les salles de cinéma du Québec le 4 janvier.