NOUVELLES
02/01/2013 05:43 EST | Actualisé 04/03/2013 05:12 EST

Soudan: libération de 2 Casques bleus jordaniens enlevés au Darfour en août (Minuad)

Deux Casques bleus jordaniens de la force conjointe ONU-Union africaine de maintien de la paix dans la région soudanaise du Darfour, enlevés en août, ont été libérés, a annoncé mercredi la Minuad.

"Ils sont sains et saufs", a déclaré à l'AFP la porte-parole de la Minuad Aïcha Elbasri. "Il s'agit de la plus longue prise d'otage" survenue pour des membres de la Minuad, a-t-elle ajouté, en référence aux 136 jours de détention des deux Jordaniens.

La porte-parole a indiqué que les deux hommes avaient été libérés à Zalingei, la capitale de l'Etat du Darfour-Centre, sans donner aucune indication sur l'identité des ravisseurs ou leurs motivations.

"Les caporaux de police Hassan Mazawdeh et Qasem Sarhan se trouvent actuellement à la mission jordanienne (à Khartoum) et sont en bonne santé", a confirmé dans un communiqué la direction de la sécurité publique en Jordanie.

"Nous sommes en contact avec le gouvernement soudanais et les Nations unies pour assurer un retour sûr (en Jordanie) des deux caporaux dès que possible", indique-t-elle encore, adressant ses remerciements à Khartoum et à l'ONU.

Les deux soldats avaient disparu le 20 août à Kebkabiya, une ville située à 140 km à l'ouest d'El-Facher, la capitale de l'Etat du Nord-Darfour.

Les Casques bleus ont été déployés en 2007 au Darfour, dans l'ouest du Soudan, pour tenter de faire cesser les hostilités entre les rebelles et le gouvernement soudanais. La Minuad compte quelque 23.500 hommes.

Le banditisme, les violences tribales et les combats entre rebelles et armée soudanaise y restent néanmoins quotidiens, même s'ils sont d'un degré moindre qu'en 2003 et 2004, au moment du soulèvement de groupes non-arabes contre le régime de Khartoum.

Ces récentes années ont notamment connu une vague d'enlèvements dont les auteurs cherchent généralement à obtenir une rançon.

Fin mai 2012, un Britannique travaillant pour le Programme alimentaire mondial (PAM), enlevé trois mois plus tôt dans l'Etat du Darfour-Sud, avait été libéré.

Début février, cinq Turcs enlevés par des rebelles avaient été relâchés après plusieurs mois de captivité.

Un analyste a indiqué à l'AFP que dans ce genre de rapts, l'identité des ravisseurs était rapidement connue mais que les négociations prenaient du temps.

Quant aux chances de les voir arrêtés et jugés, elles sont faibles car "il existe trop de liens entre les gens du gouvernement (et) les tribus", a ajouté cet analyste sous couvert de l'anonymat.

Au moins 300.000 personnes ont été tuées et 1,8 million déplacées au Darfour depuis 2003, selon une estimation de l'ONU. Khartoum évoque de son côté le chiffre de 10.000 morts.

Quarante-trois membres de la Minuad ont été tués au Darfour en près de cinq ans.

it/vl/sw