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02/01/2013 05:39 EST | Actualisé 04/03/2013 05:12 EST

Pétition en faveur d'un écrivain libéral saoudien arrêté

Quelque 500 intellectuels, pour la plupart saoudiens, ont adressé une pétition au prince héritier Salman ben Abdel Aziz réclamant la libération d'un écrivain libéral arrêté pour des propos sur Twitter jugés offensants envers l'islam.

"Nous espérons, réclamons et nous attendons à une décision rapide pour corriger cette grave erreur commise" à l'égard de Turki Al-Hamad, affirme le texte de la pétition mise en ligne, qui appelle à "la libération immédiate et inconditionnelle" de l'écrivain.

Parmi les signataires figurent Manal Al-Charif et Najla Hariri, deux activistes ayant défié l'interdiction de conduire pour les femmes dans le royaume, ainsi que l'éditorialiste Ahmad Adnan.

La pétition réclame que "des excuses publiques" soient adressées à Hamad pour son arrestation.

L'écrivain et éditorialiste de renom avait été arrêté le 24 décembre sur ordre du ministre de l'Intérieur, le prince Mohammed ben Nayef ben Abdel Aziz, qui a été alerté par des responsables d'une association religieuse, selon ses proches.

Turki Al-Hamad s'en était notamment pris sur Twitter à ceux qui donnent selon lui, une lecture extrémiste du "message d'amour" du prophète Mahomet.

Cet écrivain connu pour son franc-parler s'est également élevé contre un "nouveau nazisme qui se profile dans le monde arabe et qui est l'islamisme extrême".

Ces tweets et d'autres ont provoqué une polémique sur les réseaux sociaux entre ceux qui défendaient l'écrivain et d'autres qui dénonçaient ses propos dans le royaume ultra-conservateur.

Un autre Saoudien, Raef Badaoui, co-fondateur du "réseau libéral" appelant à lutter contre l'emprise des religieux sur la vie publique, avait été arrêté en juin et est poursuivi pour apostasie.

Amnesty International avait appelé à sa libération.

Un journaliste et blogueur saoudien, Hamza Kashgari, avait été livré en février par la Malaisie au royaume pour y être jugé pour blasphème à la suite de commentaires sur Twitter jugés insultants à l'égard du prophète Mahomet.

Les commentaires de Kashgari avaient provoqué des appels en faveur de son exécution, malgré son repentir.

La charia, la loi islamique, strictement appliquée en Arabie saoudite, prévoit la peine de mort pour apostasie, mais les accusés peuvent en général faire repentance et échapper à la décapitation.

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