NOUVELLES
02/01/2013 08:23 EST | Actualisé 04/03/2013 05:12 EST

Liban: campagne de proches d'otages en Syrie contre les intérêts turcs

Les proches de Libanais enlevés en Syrie près de la frontière turque ont lancé une campagne visant à faire pression sur Ankara, qui soutient la rébellion syrienne, afin que la Turquie agisse pour leur libération.

La mobilisation a débuté par un sit-in mercredi devant les locaux de la compagnie Turkish Airlines à Beyrouth, qui sera suivi, selon un communiqué du comité des familles d'otages diffusé par l'agence officielle libanaise ANI, par "une vaste campagne de boycott des produits et des intérêts turcs au Liban".

Selon le communiqué, le comité espère que les Libanais "se montreront solidaires" avec ce mouvement, qui sera "pacifique".

Cette campagne vise à dénoncer l'enlèvement de onze pèlerins chiites libanais le 22 mai dans la province d'Alep, dans le nord de la Syrie, alors qu'ils rentraient d'un pèlerinage en Iran. Deux d'entre eux ont été libérés depuis.

Leur rapt avait été revendiqué par un groupe dirigé par un homme se faisant appeler Abou Ibrahim, basé à Azaz près de la frontière turque, et se réclamant de l'Armée syrienne libre (ASL), principale force de l'opposition armée. Mais cette dernière avait démenti toute implication dans ces enlèvements.

Les proches des otages libanais ont déjà mené plusieurs coups d'éclat au Liban, bloquant notamment la route de l'aéroport international de Beyrouth.

Plusieurs dirigeants libanis se sont rendus à Ankara pour demander aux autorités turques d'intervenir auprès des rebelles.

Citant le directeur la Sûreté générale, le général Abbas Ibrahim, l'ANI a affirmé que les efforts en vue de la libération des neuf Libanais se poursuivaient.

"Nous ne ménagerons aucun effort pour résoudre cette crise, il y a encore des canaux ouverts pour arriver à une fin heureuse avec leur retour sains et saufs", a indiqué le général.

Deux Turcs avaient été pris en otage au Liban cet été, où une vague de rapts a visé notamment des Syriens, avant d'être libérés.

Le clan chiite libanais des Moqdad avait revendiqué le rapt de l'un d'eux en représailles à l'enlèvement en Syrie d'un de leurs membres par des rebelles qui l'accusent d'être un tireur embusqué à la solde du Hezbollah, formation libanaise proche de Damas.

Selon le général Ibrahim, leur libération s'est conclue "sans aucun accord prévoyant une contrepartie turque, car à l'époque nous n'en n'avions pas besoin".

Le chaos régnant en Syrie, théâtre d'une révolte qui s'est transformée en guerre civile, favorise les enlèvements de civils, dont les motivations sont politiques mais surtout financières, selon des militants et des proches d'otages.

Le Liban et la Turquie entretiennent de fortes relations économiques, en particulier dans les domaines du tourisme et du commerce, et leurs ressortissants peuvent voyager d'un pays à l'autre sans visa.

kam/sbh/cnp